Réussir Aviculture 05 décembre 2002 à 11h26 | Par P. Le Douarin

Aviculture - Ne pas confondre coccidies et coccidiose

Pour un diagnostic sûr, voici les faits et réalités de cette pathologie révélatrice d´autres problèmes d´élevage.

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La contamination des volailles est souvent inévitable
Les oocystes sont très résistants dans le milieu extérieur une fois sporulés. Ils survivent plus d´un an au laboratoire à la température de 4 ºC, et à fortiori d´une bande à la suivante. De plus, les volailles ont un comportement de picorage de la litière qui favorise leur ingestion des oocystes. Enfin s´ajoutent l´absence d´hôte intermédiaire et le pouvoir multiplicateur très grand des coccidies.

Les oiseaux peuvent vivre avec des coccidies même pathogènes
Toutes les coccidies ne sont pas pathogènes : chez le poulet, Eimeria mitis et E. praecox sont sans danger (sauf pour la pigmentation). Certaines peuvent tuer, d´autres jamais. De plus, des espèces potentiellement très pathogènes peuvent ne pas entraîner de maladie si les populations de parasites sont peu nombreuses et si les animaux évoluent dans un milieu favorable.

Des oocystes dans les fientes ne signifient pas coccidiose
La coccidiose ne résulte pas le plus souvent de la seule présence de coccidies. C´est une maladie opportuniste due à la présence des coccidies pathogènes, mais aussi et surtout à un affaiblissement antérieur des défenses des oiseaux. En conditions optimales, il n´y aurait pas eu coccidiose. Baser le diagnostic seulement sur le comptage des oocystes excrétés est insuffisant.
©J.-M. Répérant/AFSSA Ploufragan


Tout affaiblissement favorise la coccidiose
Les maladies survenant en même temps ou avant, les agents immunodépresseurs même s´ils n´entraînent pas une maladie clinique (virus Marek, virus Gumboro...), l´ambiance dégradée (ammoniac, poussières, toute atteinte des voies respiratoires), de fortes densités, des stress divers (bruits, lumières.), des problèmes d´alimentation en eau ou nourriture peuvent favoriser le passage d´un parasitisme normal à la maladie. Par exemple, les aliments supplémentés en anticoccidiens préviennent le développement des coccidies. En cas de sous-consommation, moins d´aliment égale moins d´anticoccidien égale moins bonne couverture.

Les volailles peuvent naturellement guérir
Les coccidioses sont des maladies « aiguës » : les symptômes apparaissent rapidement, parfois très brutalement, au moment de la dernière schizogonie. Ils se manifestent pendant quelques jours (chez la dinde, une journée en moyenne) puis disparaissent avec l´achèvement du cycle de développement. Tous les parasites sont éliminés sous la forme d´oocystes et la muqueuse digestive se régénère. Les oiseaux guérissent par conséquent spontanément en trois ou quatre jours, sans aucune intervention extérieure. Les conséquences du passage sont cependant importantes : hétérogénéité des lots (croissance plus ou moins ralentie) et augmentation de l´indice de consommation.

Pas de symptômes cliniques caractéristiques
La coccidiose causée par le développement important des espèces pathogènes n´a pas de symptômes cliniques caractéristiques. La localisation digestive des parasites entraîne des entérites, des retards de croissance, une baisse de consommation d´eau et d´aliment, de la frilosité, de l´apathie (pour les poulets), des diarrhées (donc des litières humides ou grasses). Sang et mortalité sont des critères supplémentaires associées à certaines espèces de coccidies (surtout E. tenella) mais les autres critères doivent être présents en cas de coccidiose !

Du sang dans les fientes n´équivaut pas à coccidiose cæcale
La localisation des coccidies dans l´organisme du poulet est intestinale et/ou cæcale, avec des zones plus ou moins délimitées et spécifiques en fonction des espèces de coccidies. Chez le poulet, la seule coccidiose cæcale est due à E. tenella. Les quatre autres sont des coccidioses intestinales. Ce sont les plus graves, souvent passées inaperçues, car elles affectent grandement l´indice de consommation. La coccidiose caecale est la plus célèbre, mais se limiter à elle est une erreur. La seule présence de sang dans les fientes ne veut absolument pas dire qu´on a affaire à une coccidiose cæcale. E. tenella peut, en se développant, entraîner des hémorragies limitées, sans affecter du tout les performances.



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Pour en savoir plus, voir dossier de Réussir Aviculture du mois d´Octobre 2002 (nº80) intitulé : "Symptômes et autopsie : savoir diagnostiquer une coccidiose". Ce dossier, réalisé en collaboration avec Gérard Guyony (LDA 22 laboratoire départemental d´analyses des Côtes d´Armor) et Jean Michel Répérant (Afssa-Ploufragan), explique que la reconnaissance des signes cliniques et l´observation au laboratoire des signes pathologiques sont un préalable indispensable avant toute décision de traitement d´une coccidiose.
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