Réussir Aviculture 15 octobre 2001 à 10h01 | Par Claire Cossais et P. L. D.

Aviculture - Installée grâce à une formule d´association-transmission

Non issue du milieu agricole, Laure Lescure a réussi à s´installer en s´associant avec un aviculteur qui voulait se retirer en douceur. Un choix qu´elle ne regrette pas. Laure Lescure ne se prédestinait pas au métier d´agricultrice.

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Résidant en Seine-et-Marne, elle cherchait sa voie professionnelle. Pourtant à 28 ans aujourd´hui, elle s´est installée en Vendée sur une exploitation spécialisée dans l´élevage de 15 000 poules reproductrices.
Laure Lescure affiche sur son CV un parcours professionnel peu commun. En 1993, la jeune femme débute dans la vie active auprès de son mari, ouvrier arboricole dans un grand verger de Seine-et-Marne, tout en cumulant des emplois précaires. En 1994 naissent des jumeaux qu´elle élève durant trois ans. Mais en 1997 elle décide de prendre sa carrière en main. Sur les conseils de la Chambre d´agriculture de Seine-et-Marne, elle fait le choix de s´installer et s´oriente vers l´élevage bovin. Il lui apparaît évident de changer de département. La Dordogne et la Vendée sont privilégiées. Lors d´une visite dans ce département, le couple rencontre un jeune agriculteur et c´est le déclic. "Nous avions une image négative de l´agriculture, pensant que je gagnerais un salaire de misère avec une somme de travail incroyable. Ce jeune nous a expliqué son travail, n´hésitant pas à nous montrer ses chiffres."
Vaincre quelques a priori
Laure décide alors de décrocher un BP Rea(1) pour se former dans l´élevage bovin viande. Là commencent les premières difficultés. "Alors que j´avais réussi les tests de sélection, je me suis heurtée au refus d´un CFPPA. Pour eux, étant une femme non issue du milieu agricole, je n´étais pas prioritaire." La jeune femme réussit tout de même à se former dans l´Aisne. En juillet 1999, diplôme en poche, elle s´inscrit auprès de l´Adasea de Vendée sur le répertoire départ-installation. "J´avais deux priorités, m´installer avec un associé et disposer d´une maison d´habitation sur l´exploitation." Mais le capital nécessaire se révèle trop élevé pour elle et, plus surprenant... elle effraie les exploitants ou leurs épouses.
Opportunité en aviculture
Après six mois de recherche, le couple, dont le mari travaille encore en Seine-et-Marne, s´impatiente. Laure élargit son secteur d´activité et l´aviculture se dessine à l´horizon. Elle visite un atelier de poules reproductrices où la maison d´habitation et le site lui plaisent, avec la possibilité de faire autre chose. L´éleveur, âgé de 56 ans, veut s´arrêter en douceur en trouvant un associé pour remplacer son salarié. Mais les toutes premières impressions sont plutôt négatives. "Je ne me voyais pas faire la même chose tous les jours pendant les neuf mois de ponte. L´aviculteur m´a expliqué son travail en me montrant ses chiffres. J´ai aussi suivi le technicien du couvoir dans ses tournées et rencontré un jeune installé." Rassurée, elle choisit de sauter le pas. "Grâce au contrat pré-installation (CPI), avant de m´engager pour de bon j´avais un an d´essai comme stagiaire payée par le Cnasea." La banque n´aurait jamais financé son installation sans cette formule d´association-transmission et sans le travail de son mari à l´extérieur. "En neuf et en couple, financièrement ce serait vraiment dur, compte tenu des résultats techniques qui diminuent chaque année et sans réelle compensation au contrat."
L´EARL a été finalement créée en février 2001. Aujourd´hui, les associés se partagent le travail sur les deux bâtiments de 950 et 1 200 m2. La jeune femme a dû s´habituer au rythme de travail, notamment en période de pics de ponte où elle ne compte pas ses heures. Les contreparties - indépendance et temps de travail organisé de son propre chef - sont d´autant plus appréciées. Après quelques mois de recul, Laure Lescure ne regrette pas ses choix. "Nous avons trouvé un équilibre par rapport à ce que nous avons vécu. Nous avons gagné un confort de vie incroyable." Reste aujourd´hui à tisser des relations. "Nos amis nous manquent. Nous avons besoin de recréer des liens car nous aimons être entourés d´amis." Quant à l´avenir, après la retraite de son associé, Laure Lescure hésite encore entre la mécanisation du ramassage et la recherche d´un associé. Car son mari désormais salarié dans l´industrie vendéenne ne compte pas revenir à la ferme.

(1) Responsable d´exploitation agricole

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