Réussir Aviculture 28 novembre 2001 à 17h14 | Par Pascal Le Douarin

Aviculture - Faute de matériel adapté, les éleveurs améliorent leurs épandeurs

Les éleveurs rivalisent d´ingéniosité pour gagner du temps et supprimer la poussière lors du paillage. Exemple avec Jean-Michel Le Quéau, éleveur du Finistère.

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Jean-Michel Le Quéau est catégorique : « Utiliser une pailleuse dans le poulailler, même conçue exprès pour, c´est vraiment infernal à cause de la quantité de poussières produite. On en avale et elle se dépose partout sur le matériel tout juste nettoyé. » Des propos confirmés par son voisin qui utilise encore la machine. Sans compter qu´il est difficile, voire impossible, d´intervenir pour le repaillage en présence des animaux. C´est pour cette raison que cet éleveur finistérien de Saint-Coulitz a cessé d´en utiliser. Il est revenu à ses premières idées. Il a récupéré et « bricolé » un petit épandeur à fumier. Le hérisson inférieur a été démonté. En sortie de l´épandeur au niveau du fond, il a ajouté deux plateaux tournants sur lesquels il a soudé des barres pour mieux projeter la paille broyée. La largeur de répartition avoisine les 6 à 7 mètres de large.
L´épandeur modifié ©P. LE DOUARIN

L´épandeur modifié
La courroie des plateaux tournants est croisée pour projeter vers l´extérieur.

Pour balayer correctement toute la largeur du poulailler il fait trois passages dans un 15 mètres et deux dans un Louisiane. En un passage de 90 mètres, il épand l´équivalent d´une balle ronde et demie. Pour ses bâtiments de poulets, l´éleveur réalise douze à treize passages qui lui prennent 2 heures à 2 heures et demie pour 1 300 m2. Entre le chargement de paille en vrac, le transport sur 200 mètres et l´épandage, il faut compter une bonne dizaine de minutes. Une fois ce travail accompli, il reste à rectifier les hauteurs dans les coins et sur les côtés. Pour Jean-Michel Le Quéau, le confort de travail est nettement amélioré : moins de pénibilité, peu de poussières, pas de risques d´incendies (étincelles au paillage).
Le repaillage quatre à cinq fois par lot sur les dindes élevées jusqu´à 12-13 kg s´effectue différemment. L´éleveur lève le matériel pour ne pas le remplir de paille et il passe dans la zone centrale en reculant jusqu´au milieu du bâtiment, de sorte que les dindes se poussent. Puis il repart dans la zone qui a été dégagée. Au total il passe une petite heure pour effectuer l´opération à chaque pignon, relevage du matériel compris.
La paille en direct du champ au bâtiment
Ce système d´épandage utilise de la paille broyée en vrac, ce qui suppose un ensemble de broyage et de conditionnement dès la récolte des céréales. La paille de ses 30 à 35 hectares en céréales est récupérée via une ensileuse munie d´un pick-up à herbe, à raison de 2 hectares à l´heure. Le chantier nécessite au moins quatre personnes : un à l´ensileuse, deux aux remorques et un au stockage. La paille broyée est mise dans des hangars le plus proche possible des deux sites de production afin de limiter les temps d´intervention ultérieurs. Considérant ce système intéressant, son voisin avoue ne pas avoir les moyens de monter une telle chaîne de production de paille broyée, faute de surface en propre suffisante pour ses trois bâtiments. « Je suis engagé dans un système d´échange paille-fumier pour évacuer ce dernier. De plus, je ne peux rien dire si la paille destinée aux poulaillers est récoltée dans de mauvaises conditions climatiques. Ce qui accroît la quantité de poussières lors du paillage. »
Pour mettre en place la litière ©P. L.D.

Pour mettre en place la litière
à peine 5 minutes sont nécessaires pour 90 mètres de long et 6 mètres de large.

Encore des améliorations à venir
Jean-Michel Le Quéau n´est pas encore complètement satisfait du résultat. Pour gagner plus de temps, la vitesse d´avancement de la paille dans le caisson pourrait être améliorée ainsi que la capacité.
Une autre amélioration va consister à reculer les plateaux d´une vingtaine de centimètres, ce qui devrait permettre d´élargir le cône de répartition, l´objectif étant de ne faire qu´un passage quand il s´agit de repailler dans un Louisiane. Aujourd´hui soudés, ils seront vraisemblablement boulonnés pour ajuster au mieux le réglage.
Enfin, il réfléchit à un système pour broyer correctement ses roundballs après la récolte dans le cas où il viendrait à manquer de paille broyée. D´autres éleveurs de sa région ont eu ce même raisonnement, car les fabricants de matériel agricole délaissent ce secteur trop étroit en terme de débouchés. Pourtant le besoin est là.
Une plate-forme suspendue sur rail pour la manutention
Cette plate-forme coulissante évite des allers-retours dans le bâtiment avec des charges et facilite le travail, surtout pour les femmes moins « physiques » que les hommes. Pour 20 000 francs, il est possible de faire réaliser un plateau suspendu à deux rails fixés au centre du bâtiment et courant sur toute la longueur, dès l´entrée du magasin. Le modèle photographié a déjà plusieurs années. Il peut supporter de l´ordre de 400 kg de charge, ce qui est suffisant pour les utilisations usuelles : rechargement en litière de paille broyée ou copeaux, mise en place et enlèvement du matériel d´élevage, déplacement des caisses de dindonneaux ou des animaux plus âgés (erreurs de tri). Par contre, ce rail unique ne garantit pas la stabilité. Attention aux balancements et à l´équilibre des charges.
Un modèle à rail unique ©P. LE DOUARIN

Un modèle à rail unique bien utile, mais attention à l´équilibre des charges.

Un motoculteur deux usages pour gagner du temps
«A deux, nous rechargeons 2 000 m2 en une heure avec des copeaux ou des cosses de sarrasin », explique cet éleveur du Morbihan. Pour y arriver, il utilise son motoculteur, sans ses outils de retournement, attelé d´une remorque de sa conception. L´un conduit l´engin, quand l´autre projette la litière neuve sur le sol.
Afin d´éviter des dindes écrasées par les roues ou coincées de ci de là, l´avant du motoculteur ainsi que les roues pleines sont munis de déflecteurs. De plus, l´essieu a été rehaussé afin de passer au- dessus des dindes sans les abîmer. Cet éleveur considère son système de rechargement en litière plus rapide à mettre en place que des machines plus grosses à déplacer ou des dispositifs avec des tuyaux, à priori moins aisés à manipuler.
Motoculteur « bricolé » ©P.L.D

Ce motoculteur « bricolé » pour tracter la litière
de recharge fonctionne en marche arrière et autorise des manouvres de braquage très courtes.

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