Réussir Aviculture 09 août 2002 à 11h23 | Par Pascal Le Douarin

Aviculture en région Centre - Fermières de l´Orléanais : un savoir-faire depuis 34 ans

Depuis sa création en 1967, le Label rouge de l´Orléanais a opté pour la qualité haut de gamme afin de satisfaire ses abatteurs et son marché régionaux.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Avec 4,29 millions de volailles Label rouge produites en 2001, les volailles fermières de l´Orléanais représentent le principal label régional, devant ceux de Touraine (groupe Gastronome), et ceux du groupe Doux : Berry, Auvergne, et le national Malvoisine. L´aire de production « Orléanais » est historiquement définie sur trois départements et leurs cantons limitrophes : le Loiret, le Loir-et-Cher et l´Eure-et-Loir (voir tableau). La localisation des élevages est largement liée à celle des six abattoirs partenaires, règle des cent kilomètres oblige. Se distinguent 2 grandes zones de production.
©P. Le Douarin

Légende - Les Poulets Duc de l´Orléanais âgés d´au moins 91 jours pour des abattoirstrès tournés vers le marché du traditionnel.

Deux grandes zones de production
La zone à l´est d´Orléans approvisionne l´abattoir Laguillaumie (groupe Duc) à Appoigny près d´Auxerre et qui pèse pour 45 % des volumes. L´autre zone est située à l´ouest d´Orléans et fournit les 5 autres abattoirs, essentiellement tournés vers le marché traditionnel : en Eure-et-Loir, Guérin-Rocton désormais dans le giron du Breton Ronsard ; en Loir-et-Cher Sergent, Ménard et Gauthier ; en Indre-et-Loire Volabel, propriété de la S.A. Gauthier. Selon E. de La Fouchardière, directeur du groupement qualité Syndicat Beauce et Perche, créé en 1997, le plus moteur des partenaires est le seul qui ne se situe pas en région Centre : depuis une vingtaine d´années Laguillaumie tire le développement. Est-ce parce qu´il vend 60 % des volumes en GMS ? En effet, les autres abattoirs maintiennent leurs volumes sur le secteur traditionnel mais ne croissent pas de manière importante. «Ils ont gardé un précieux savoir-faire et ils ont persisté dans leur métier en mettant leurs outils aux normes sanitaires, souligne le responsable administratif de l´organisation. Depuis la crise de l´ESB, nous avons assisté à un regain vers le traditionnel qui s´est traduit par le maintien de sa part de marché».

Jouer la carte de la différenciation des produits
C´est sûrement le poids du traditionnel qui a poussé la structure à développer une gamme de produits diversifiés et de haute qualité. Pour se démarquer auprès de leurs clients bouchers-charcutiers, les abattoirs ont voulu des produits nettement différenciables des poulets label vendus en GMS. Pas question pour un boucher de vendre - forcément plus cher - le même poulet qu´en grande surface. Le produit phare (49 % des volumes) est le poulet fermier Duc de l´Orléanais, élevé au minimum jusqu´à 91 jours, soit dix jours de plus que le seuil minimal et bon nombre de labels rouges de notoriété nationale. « Nous baguons tous les poulets pour que le boucher le valorise auprès du consommateur », poursuit Emmanuel de la Fouchardière. Nous voulons garder notre âme. Nous n´irons pas développer sur le créneau du 81 jours. Nous ne sommes pas armés pour affronter ceux qui y sont déjà ».

Baisse de 2 centimes d´euros par kilo vif
Le Duc est dépassé en qualité par le poulet Saint-Sauveur, lancé en 1995. Ce label est abattu à 100 jours minimum après une finition aux produits laitiers. Les mâles et les femelles doivent être élevés séparément pour maîtriser en fin d´élevage le comportement agressif liée à l´acquisition de la maturité sexuelle. Ces 250 000 poulets annuels écoulés en circuit traditionnel sont une exclusivité de l´abattoir Laguillaumie, tout comme le poulet fermier jaune. La production bio qui avait bien démarré va chuter de 50 % en 2002 (2000 volailles par semaine), en raison du cahier des charges, « qui certes s´améliore, mais trop tard ».
L´Orléanais subit la conjoncture comme tous les labels, même si il ne l´a pas provoquée avec des mises en place inconsidérées. Si l´année 2001 fut bonne pour les éleveurs avec une marge en hausse et une augmentation des volumes de 3,2 %, la structure a dû se résoudre à une baisse de rémunération de deux centimes d´euros (dix centimes de franc) par kilo vif, en mai 2002. « Les petits abattoirs n´ont pas subi de fortes baisses de volumes, mais la pression sur le prix a été réelle. »

Élever encore le niveau de qualité avec Agriconfiance
Depuis la réforme nationale, la certification est assurée par un organisme certificateur indépendant (Certicentre).
Le groupement qualité Syndicat Beauce et Perche regroupe tous les partenaires du label. Il gère les labels et les marques commerciales. Il définit aussi les stratégies commerciales. La Coopérative agricole des fermiers de l´Orléanais (Cafo), fédérant les producteurs et présidée par Étienne Dorsemaine, gère les plannings, le suivi technique et sanitaire, la facturation, le développement de nouveaux labels...
Pour l´année 2002, la filière Orléanais entend renforcer le niveau qualitatif. La coopérative de production a obtenu le référentiel Agri Confiance pour vingt éleveurs début 2002. D´ici fin 2005, elle compte l´obtenir pour ses 200 éleveurs, avec notamment l´application de la charte sanitaire Ofival. Les premiers bâtiments mis en place à la fin des années soixante seront d´ici-là renouvelés.

Autocontrôle systématisé
Au niveau de la production, les substances anti- coccidiennes de synthèse incorporées à l´aliment seront remplacées intégralement par des extraits végétaux naturels. Au plan de l´organisation, le groupement qualité généralise la vérification du respect des exigences. L´autocontrôle a été systématisé par chaque opérateur. Ceci va conduire à la mise en place d´un système d´analyses des performances de production mais aussi d´organisation.
Pour l´avenir, l´arrivée de Ronsard va peut être donner de nouvelles perpespectives. Si les Orléanais savent produire, désormais ils voudraient bien communiquer. « Collectivement, au niveau régional, nous n´avons pas su le faire en temps utile, explique Étienne Dorsemaine président de la Cafo. Notre région est quelque peu autocentrée : quand tout va bien, chacun reste chez soi ». Comme ailleurs, la question de fond des responsables de l´Orléanais est de savoir ce que les politiques voudront bien faire pour soutenir un tissu agricole encore dense, avec des agriculteurs suffisamment nombreux pour continuer à produire, notamment des volailles fermières haut de gamme.

Cet article est extrait du Dossier de réussir Aviculture du mois de juin : 12 pages consacrées au thème "Production de volailles chair : la région Centre cherche un second souffle".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pourrait-on ouvrir le capital des élevages pour permettre d’investir ?

Répondez à la question

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui