Réussir Aviculture 10 janvier 2003 à 17h47 | Par Pascal Le Douarin

Aviculture - Dans le Loiret, une ferme de ponte convertie à la bande unique

Après l´exigence de la fraîcheur, la grande distribution apprécie fortement l´élevage en bande unique dans les fermes de ponte, synonyme de meilleure sécurité sanitaire. Exemple au Domaine de l´Orme dans le Loiret.

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Initialement créé dans les années 70 par deux céréaliers du Loiret pour valoriser leur production, le site d´élevage de poules pondeuses de Neuvy-en-Sullias est à une demi-heure de route à l´est d´Orléans. Fort de 70 000 places réparties en sept bâtiments, le Domaine de l´Orme a d´abord été un fournisseur parmi d´autres du centre de conditionnement Progal, basé à Melun (Seine-et-Marne). L´évolution du développement de la distribution des oufs dans les grands magasins au cours des années 80 va le conduire à évoluer. « La première exigence de la grande distribution a été celle de la fraîcheur, c´est-à-dire un ouf pondu le jour A pour être vendu le jour B, et plus de proximité avec les producteurs », explique Jacky Pelletier, le directeur du Domaine de l´Orme. C´est ainsi que se sont développées les fermes de ponte, composées d´un élevage de grande taille et d´un centre de conditionnement. Face à la concurrence de fermes de ponte déjà en place, le conditionneur Progal prend des parts dans le Domaine de l´Orme au milieu des années 80.

Anciens bâtiments rasés pour une refonte totale du site
La fin de cette décennie se concrétise par la refonte totale du site. Les anciens bâtiments sont rasés. L´effectif monte à 160 000 poules, réparties dans quatre bâtiments parallèles. Un centre de conditionnement raccordé aux poulaillers et une casserie sont créés. Au niveau de l´élevage, l´outil de production va rester stable jusqu´en 1998, hormis en 1996 avec la baisse d´effectif à 130 000 poules liée au passage de 350 à 450 cm2/poule.
C´est justement suite à cette réduction réglementaire que le Domaine de l´Orme engage une deuxième vague de modifications « pour garder le potentiel de production à son maximum ». De 1998 à 2000, trois bâtiments sont rallongés de 80 à 130 mètres de long, le quatrième étant fermé. L´effectif remonte à 186 000 poules, réparties uniformément dans les outils, similaires au niveau du matériel d´élevage : cinq batteries de cages Piers sur cinq étages par bâtiment et sur fosses profondes.

Des bandes uniques aux cycles décalés sur quatre sites
Durant la décennie 90, les fermes de ponte se sont associées pour lancer des marques nationales (Matines à laquelle adhère le Domaine de l´Orme, Lustucru). Mais elles ont gardé une grande indépendance au niveau de leur production. Sur chaque site, chaque bâtiment abritait un âge de poule différent, pour satisfaire la demande sur toute l´année, aussi bien en volume qu´en calibres. Au Domaine de l´Orme, l´étape suivante a été justement celle du passage en bande unique.
« Après la fraîcheur, les GMS sont venues à la notion de sécurité sanitaire sous la pression médiatique » explique Jacky Pelletier. De plus, avec le développement des marques distributeurs, engageant leur propre image, il n´était plus question pour elles de prendre des risques. D´où le développement des cahiers des charges de distributeurs. « Sur un même site de ferme de ponte, il est très difficile d´isoler un bâtiment contaminé, parce que justement à l´origine le site est prévu pour être compact en vue de répondre au critère fraîcheur. »
©D. R.


570 000 poules alimentent chaque jour le centre de conditionnement.
La solution trouvée au Domaine de l´Orme et initiée en 2000 repose sur l´éclatement de la production en quatre sites aux cycles décalés : 186 000 poules à Neuvy réformées en mars, 134 000 poules au Domaine des Genêts (Loir-et-Cher) (réforme en avril), 160 000 poules à l´élevage de la Michaudière (Yvelines) (réforme en juin), 90 000 poules à la société avicole de l´Orme (Seine-et-Marne) (réforme en septembre). Un accord de fourniture a donc été trouvé avec le Domaine des Genêts, un élevage proche du Loir-et-Cher, les deux autres sites faisant déjà partie de l´entreprise. Au total 570 000 poules, situées au maximum à 1 h 15 de Neuvy, tournent en bande unique et alimentent chaque jour le centre de conditionnement.
©P. Le Douarin


Les dates de réforme ont été choisies en fonction des besoins commerciaux et non des critères d´élevage (démarrage de printemps, période d´évacuation des fientes...). Ainsi une mise en place avant l´été permet la production de petits oufs facilement valorisés en oufs durs écalés au sein du groupe Glon.
« Le passage en bande unique s´est traduit par une amélioration des conditions d´élevage. Les soucis sanitaires sont moins nombreux, les oufs sont de meilleure qualité (peu d´effet bronchite infectieuse), et plus nombreux : de 5 à 10 par poule. » Ces améliorations sont les bienvenues dans un contexte économique tendu.

Se battre à tous les niveaux car la marge est faible
A la fois éleveur, conditionneur, logisticien et commerçant, une ferme de ponte bataille ferme pour gagner un peu partout des dixièmes de centimes de marge. « Nous exerçons un métier à faible marge », reconnaît Jacky Pelletier. D´où des investissements mûrement réfléchis : « Nous attendrons 2005 pour nous positionner par rapport au bien-être, sachant que le matériel peut encore durer. »
D´où la pratique de la sous-traitance (transport notamment) quand c´est économiquement plus favorable. D´où la recherche d´économies d´échelle avec un personnel salarié productif et compétent, car évidemment la rentabilité d´une ferme de ponte commence par un élevage correctement maîtrisé : idéalement, un site de production devrait pouvoir tourner avec deux salariés, ce qui suppose une taille seuil de plus de 100 000 poules. D´où aussi une plus grande attention portée aux salariés. Cette logique économique pure et dure n´empêche pourtant pas un certain « épanouissement » professionnel, différent de celui qu´apporte un statut de chef d´entreprise producteur d´oufs.

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