Réussir Aviculture 04 novembre 2003 à 18h04 | Par Armelle Puybasset

Aviculture - Dans l´Oise, une volière conciliant performances et bien-être

Thierry et Joël Van de Putte ont investi l´an dernier dans une volière Red-L. Un système qui permet d´élever des poules en volière en maintenant de bonnes conditions de travail.

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Les deux frères Van de Putte, associés au sein du Gaec du Mont-Soufflard, dans la région d´Amiens (Broyes), élèvent 14 500 poules pondeuses dans une volière Red-L Vencomatic-Mafrel. Les performances techniques du premier lot, après 40 semaines de ponte, les satisfont pleinement. « Nos résultats, annonce Thierry Van de Putte, sont similaires à ceux que nous obtenions auparavant avec, en prime, un meilleur confort des animaux et toute la technologie moderne pour l´éleveur ». Leur bâtiment d´élevage de 400 m2, construit en 1995, était jusqu´ici équipé de cages en batterie achetées d´occasion pour 7500 poules. La réglementation imposant l´élevage en cages aménagées à 550 cm2 puis à 750 cm2 par poule ainsi que le marquage du mode d´élevage sur les boîtes et les oeufs (applicable au 01/01/2004) les a amené à s´orienter vers un système de production alternatif. Thierry et Joël commercialisent eux-mêmes leur production auprès de grossistes, d´éleveurs ou en vente directe sur les marchés. « L´indication du mode d´élevage sur nos barquettes aurait pu nous pénaliser », avance Thierry.

En 2002, les éleveurs décident alors de doubler la surface de leur bâtiment et d´y installer une volière Red-L de 14 500 places pour un investissement de 18,30 euros par poule (matériels d´élevage et convoyeur). « Nous ne voulions pas que l´amélioration du bien-être de l´animal se fasse au détriment de celui de l´éleveur. Nous avons donc opté pour toute la technologie permettant un confort de travail similaire à celui d´une batterie », explique Thierry. La volière Red-L installée au Gaec est composée d´un portique de 8,8 m de large à plusieurs niveaux décalés. Grâce à ce système, la surface de parcours disponible est multipliée, ce qui permet de maintenir un nombre élevé de poules par mètre carré de surface au sol (18 poules /m2. Le ramassage des oeufs est automatique. Une fois par semaine, les fientes sont évacuées par un tapis roulant situé sous les caillebotis, et stockées sur une plate forme située à 1,5 km de l´élevage. Ce système de gestion des déjections permet d´éviter les odeurs et la présence de mouches. Cela est d´autant plus appréciable que l´élevage est situé aux portes du village de Broyes.
Les animaux bénéficient d´un meilleur confort. ©A. Puybasset

Tout se joue pendant les deux premières semaines
Comme son nom l´indique(1), la spécificité de la volière Red-L tient au fait que le pondoir est intégré dans le « milieu de vie de la poule », c´est-à-dire près du perchoir, de l´aliment et des abreuvoirs. De cette manière, la poule repère plus facilement le nid. Ses déplacements sont restreints, ce qui limite la ponte au sol ou sur les caillebotis. « Les deux semaines qui suivent l´arrivée des poules sont les plus délicates », explique André Chanony, de la société Mafrel. « Cette période d´adaptation est réservée à la découverte du système d´alimentation, des abreuvoirs et des perchoirs ». Pour cela, des grilles et des filets sont installés pendant quelques jours autour de la volière afin d´empêcher les poules d´aller au sol. « Il est important », souligne André Chanony, « de recevoir les poulettes le plus tôt possible (17 semaines) afin qu´elles aient le temps de s´adapter et de trouver leurs repères ». Il précise que les poulettes doivent impérativement provenir d´un élevage en liberté équipé de perchoirs.

k¿|¡¬olière Red-L est utilisée par des éleveurs des Pays-Bas depuis plusieurs années », rajoute Stefan Bazelmans de la société néerlandaise Vencomatic. « Nous avons pu, au fil du temps, bénéficier de leur expérience et faire évoluer notre système d´élevage ». Ainsi, l´étage supérieur est équipé de deux rangées superposées de pondoirs jusqu´au milieu du bâtiment car, explique-t-il, « les poules pondent davantage vers l´entrée du bâtiment ». De même, les chaînes d´alimentation circulent en sens inverse afin d´éviter que les poules ne se déplacent toutes dans la même direction et ne s´accumulent au fond. Par ailleurs, il y a peu d´obstacle, ce qui évite les étouffements en cas de mouvement de panique.
©A. Puybasset

Une bonne maîtrise de l´éclairage pour éviter la ponte au sol
« La réussite de cette production », estime Thierry Van de Putte, « tient à la maîtrise de la ventilation et de l´éclairage ». Le bâtiment est équipé de deux systèmes de ventilation. Des turbines placées sous la volière permettent une circulation d´air longitudinale et ventilent la partie intérieure de la volière. Par ailleurs, les clapets situés sur les côtés du bâtiment avec une évacuation au faîtage favorisent la ventilation de l´étage supérieur de la volière. « Ces deux systèmes, régulés en permanence, permettent d´obtenir une bonne ambiance et d´éviter la présence de poussière. » Les éclairages doivent être nombreux et positionnés de façon judicieuse afin d´éviter les zones d´ombres propices à la ponte au sol. Les néons s´alllument les uns après les autres (du faîtage vers les côtés du bâtiment) et leur intensité lumineuse augmente progressivement. Il faut deux heures pour allumer ou éteindre complètement le bâtiment. « La mise au point du programme lumineux ne s´est pas faite sans difficultés », avoue Thierry. « Nous avons observé un nombre important d´oeufs cassés sur les caillebotis au cours des premières semaines (jusqu´à 3 à 4 %).

Ce problème a pu être réglé de façon expérimentale en allumant les néons du faîtage 30 minutes avant l´ouverture du pondoir (la lumière aidant les poules à se déplacer vers les nids). Par ailleurs, les néons 18 watts à haute fréquence (3 à 4 fois plus coûteux que des néons standards) permettent de faire varier l´intensité lumineuse de façon plus régulière et d´éviter les comportements de stress et de picage ».
Après 40 semaines de ponte, Thierry et Joël Van de Putte font un bilan satisfaisant de leur premier lot. Le poids moyen des oeufs atteint presque 65 g et la consommation moyenne d´aliment par poule est de 120 g. Le taux de ponte au sol est inférieur à un pourcent et celui des déclassés se situe autour de 1,5 %. Le taux de mortalité, à 60 semaines d´âge est de 2,36 %. Ce système d´élevage occupe une personne pendant une demi heure matin et soir pour la surveillance. Le transfert des oeufs de l´élevage à la calibreuse dure environ 1 heure 30.

©A. Puybasset


©A. Puybasset


(1) RED-L correspond aux initiales de Resting, Eating, Drinking and Laying (se reposer, manger, boire et pondre).

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