Réussir Aviculture 30 septembre 2004 à 18h10 | Par Armelle Puybasset

Aviculture au féminin - Dynamisme et professionnalisme, les atouts de Nicole Le Peih pour démarcher les grandes surfaces

Nicole Le Peih s´est lancée avec Gilles, son mari, dans la production et la vente directe de volailles fermières.

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A peine arrivée dans la cour, Nicole vous ouvre la porte avec le sourire, le combiné téléphonique à l´oreille. Elle finit d´enregistrer la commande d´un client avant de vous consacrer volontiers de son temps. Nicole est une femme très occupée mais aussi très organisée. « Ce n´est pas pour autant que mon bureau est parfaitement rangé », plaisante-t-elle. Nicole est une femme d´entreprise qui sait se donner les moyens de la réussite. Le développement de son élevage de volailles en vente directe en est un bel exemple.

Installés au centre du Morbihan, à Baud, sur un site paisible et vallonné, Nicole et Gilles élèvent, abattent et commercialisent chaque année 30 000 poulets, pintades et autres volailles festives. Tous les deux d´origine agricole, ils ne se sont pas destinés dès le départ à l´agriculture. Gilles a débuté sa carrière comme comptable dans un centre de gestion. Nicole a été responsable commerciale chez Laréal, une entreprise de volaille standard. Elle s´est investi pleinement et a fait ses preuves dans un secteur d´activité difficile et très concurrentiel. « Après quelques années, j´ai eu envie de changer. Je ne voulais plus rester dans un bureau toute la journée. L´idée de m´installer a mûri progressivement. » En 1990, l´entreprise est dévastée par un incendie. Toute l´organisation est chamboulée. Nicole voit cet événement comme un signe. Elle quitte l´entreprise et rejoint Gilles, installé depuis deux ans sur l´exploitation laitière de ses parents.

« Lors d´un retour de vacances dans les Landes, nous avons été séduits par l´élevage de volailles en liberté. » Nicole et Gilles montent alors un projet de production de volailles fermières et de vente directe. Alors qu´elle a deux enfants en bas-âge, Nicole suit une formation agricole pendant six mois ainsi qu´un stage. « J´y ai découvert l´agriculture, avec toute sa richesse et sa complexité. » Nicole et Gilles ont dû se battre pour monter leur projet. « Au départ, on nous a un peu pris pour des farfelus ! dit-elle avec humour. Il a fallu prouver que notre projet était mûrement réfléchi et que nous étions conscients de toutes les contraintes que la vente directe impliquait. Nos premières expériences professionnelles, en gestion et en commerce, ont été très importantes. Elles nous ont aidé à prendre du recul notamment dans nos investissements. La qualité du produit a toujours été notre priorité. Notre abattoir a été agréé dès le départ. La présentation des volailles est soignée et régulière. Nos volailles, livrées deux fois par semaine, sont toujours fraîches. »

Poursuivre les activités extérieures pour évacuer le stress
La vente des volailles s´est d´abord faite auprès des boucheries et sous les Halles de Vannes. « J´ai ensuite progressivement démarché les supermarchés puis les grandes surfaces à partir de 1993. Aujourd´hui, près de 80 % de nos volailles sont vendues en GMS. » Pour y parvenir, Nicole y a mis toute son énergie. Elle a parcouru toutes les routes du Morbihan. Le week-end, elle faisait la promotion de ses volailles dans les rayons des supermarchés pour obtenir la confiance du consommateur et le fidéliser.
Mais le travail n´a pas pris pour autant le pas sur le reste. Nicole s´est gardée quelques plages horaires, le mercredi et le samedi, pour profiter de ses enfants. Elle a toujours poursuivi ses activités extérieures « pour évacuer le stress et prendre un peu de recul ».

Nicole s´investit beaucoup dans l´environnement agricole. Elle préside le GVA du canton de Baud depuis 1993. Elle est élue au conseil municipal de sa commune depuis 2001. A travers ces deux responsabilités, elle tente, avec l´aide d´autres agricultrices, de défendre le milieu agricole et de changer le regard souvent porté sur l´agriculture. Cela passe, par exemple, par l´organisation d´une randonnée pédestre à la découverte d´exploitations agricoles. Elle souhaite, à son humble niveau, améliorer la communication entre « les gens de la ville et ceux de la campagne ».
Lorsque Nicole envisage son avenir professionnel, elle ne refuse pas l´idée de s´investir à nouveau dans un grand projet, comme par exemple l´ouverture d´un magasin, maintenant que leur entreprise tourne bien !

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Cet article est extrait du dossier de Réussir Aviculture du mois de mai 2004 intitulé «  L´aviculture au féminin  ». En 10 pages, la revue présente ces exploitantes agricoles qui aiment leur métier et qui s´y investissent. Sept éleveuses des principales régions avicoles, produisant différentes espèces sous divers modes de production, y témoignent. Ces paroles de femmes remarquables, choisies au hasard des rencontres, parmi tant d´autres, tentent, de façon plus au moins exhaustive, de dresser un panorama de cette aviculture au féminin.
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