Réussir Aviculture 28 septembre 2011 à 14h48 | Par A. Puybasset

Après 18 mois de fonctionnement en dindes - Vingt-Cinq pour cent de gaz économisés avec les échangeurs Systel

Pour Jean-Noël Sidaner, l’efficacité des échangeurs de chaleur doit être optimisée par un bon couplage avec l’automate de ventilation et de chauffage et par un entretien régulier.

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A partir de la quatrième semaine, le filtre de l'échangeur est quotidiennement dépoussiéré pour maintenir son efficacité.
A partir de la quatrième semaine, le filtre de l'échangeur est quotidiennement dépoussiéré pour maintenir son efficacité. - © A. Puybasset

Cette année, la semaine Innov’action organisée par la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor a mis l’accent sur les exploitations qui innovent pour maîtriser leur consommation d’énergie. Parmi elles, celle d’Annie et de Jean-Noël Sidaner à Plouaret. Ils ont équipé trois de leurs bâtiments de dindes de chair d’échangeurs Systel. Après 18 mois de fonctionnement pour les premiers appareils installés, le bilan est positif. « Dommage que ce type d’équipement n’ait pas existé dix ans auparavant », relève l’éleveur. La baisse de la facture de gaz est d’au moins 25 %, sachant que la consommation était déjà faible (4,8 kg par m2).


BÂTIMENTS HERMÉTIQUES


« De 24 tonnes de gaz par an pour 5000 m2 avant équipement, je pense descendre à 16 tonnes cette année, maintenant que trois bâtiments en extraction haute sont équipés », estime-t-il avec prudence. Chacun d’eux compte trois modules ERC 500 de 5 800 m3/heure, depuis décembre 2009 pour celui de 1 550 m2 et plus récemment (avril et octobre 2010) pour les deux autres de 1 200 m2. Avant d’investir, Jean-Noël Sidaner s’est assuré que ses bâtiments étaient bien hermétiques. Les soubassements ont été isolés par de la mousse de polyuréthane projetée à l’extérieur et l’étanchéité a été améliorée au niveau des pignons et des jointures entre longrines et poteaux. « L’échangeur récupère une partie des calories évacuées par la ventilation », rappelle Christian Nicolas de la chambre d’agriculture du Finistère. « Mais en début de lot, les pertes d’énergie par les parois sont bien supérieures à celles de la ventilation, d’où l’importance d’une bonne isolation. En dinde, cela s’inverse après 18 jours (vers 8 jours en poulet). »


MOINS D’HYGROMÉTRIE


Les échangeurs ont également un impact positif sur la qualité de l’ambiance grâce à une baisse du taux d’hygrométrie de 8 à 10 points. « On ventile un peu mieux, avec moins de poussière, moins d’ammoniac et de problèmes sanitaires », constate Jean-Noël Sidaner. « La qualité de la litière s’en ressent. Je n’ajoute pas de paille avant huit à neuf semaines d’âge. Je préfère renouveler l’air et travailler avec une hygrométrie basse (jusqu’à 40 %) plutôt que de repailler », explique l’éleveur qui précise manquer de recul pour voir l’impact sur les performances techniques.


RÉGLAGES PEAUFINÉS


Près de douze mois d’utilisation ont été nécessaires pour affiner les réglages des échangeurs. Jean-Noël Sidaner a d’abord passé du temps à bien comprendre les nouveaux circuits d’air, à observer le comportement du dindonneau et à déceler le moindre courant d’air. « L’observation d’une flamme de bougie au niveau des oiseaux a fait office d’anémomètre. » Le positionnement des appareils par rapport aux turbines doit être bien réfléchi pour éviter les zones sous ventilées. De même, l’automate doit être capable de coupler avec la régulation de la ventilation, du chauffage et de l’hygrométrie. Chez Jean-Noël Sidaner, le fonctionnement des appareils est géré par un boîtier Avitouch (Tuffigo) avec une précision de réglage de 0,1 à 0,2 °C. Les échangeurs remplacent les trois premiers groupes de ventilation et servent de doseur cyclique (fonctionnement par alternance en mode tout ou rien). À partir du quatrième groupe, les ventilateurs prennent le relais.


ENTRETIEN QUOTIDIEN


Jean-Noël Sidaner reste pointilleux sur l’entretien, indispensable pour optimiser le rendement énergétique. En début de lot, il passe quotidiennement un coup de balayette sur le préfiltre. À partir de la quatrième semaine, le filtre est dépoussiéré matin et soir. « Cela peut sembler fastidieux mais cette opération prend peu de temps, souligne-t-il. Je fais toujours mon tour de surveillance avec la balayette à la main. Il faut juste penser à arrêter le matériel et à le remettre en route après. » La rampe d’aspersion intégrée ne lui semble pas efficace. Une fois en cours de lot puis lors du vide, les échangeurs sont nettoyés à l’eau chaude et à haute pression avec un dégraissant. Il compte deux heures pour nettoyer les trois (intérieur et extérieur). Les échangeurs fonctionnent jusqu’à 10 semaines, voire jusqu’au départ des femelles sur un lot d’hiver. Le coût de l’investissement pour les trois bâtiments s’élève à 78400 euros (neuf modules à 6000 euros auxquels s’ajoutent 24 400 euros de frais de modification de la régulation et achat d’automates Avitouch), soit 60 000 euros après subventions (CPER et PPE). En tenant compte des économies réalisées sur le gaz (8 tonnes par an soit 6700 euros) et sur le copeau (10 tonnes soit 1500 euros), le retour sur investissement est estimé à sept ans, coûts de régulation inclus.

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