Réussir Aviculture 18 janvier 2002 à 14h47 | Par Dominique Poilvet

Approvisionnement en eau - Entretien des ouvrages

Avant d´investir dans du matériel de traitement des eaux, assurez-vous que votre forage, ou votre puits, est bien protégé.

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Selon une enquête réalisée à partir des analyses d´eau effectuées en Mayenne, 32 % seulement des eaux issues de forages sont potables(1).
« Naturellement, les veines d´eau souterraine sont de bonne qualité bactériologique, mais elles se contaminent rapidement si le captage est mal protégé ou mal entretenu », explique Loïc Fulbert, du GDS 53. Le technicien propose alors des mesures correctives pour supprimer les sources de contaminations. « Le plus important est d´éviter le ruissellement des eaux de surface vers le captage. »
Si la tête du forage est au niveau du sol, comme c´est souvent le cas, il faut la rehausser de 50 cm au minimum. L´ouvrage sera réalisé avec des buses de un mètre de diamètre. Le fond doit être bétonné, et drainé pour évacuer le trop plein. Tout autour des buses, un monticule de terre argileuse compactée est ajouté pour parfaire l´étanchéité. Une dalle hermétique doit recouvrir le tout pour éviter les contaminations accidentelles. « Il arrive parfois que des contaminations se produisent le long du tuyau d´eau enterré qui va vers l´élevage, surtout s´il traverse des zones polluées (passages d´animaux, râteliers pour les bovins situés dans les champs...). Il faut alors drainer la tranchée, et faire en sorte que le tuyau fasse une boucle vers le haut avant de descendre dans le forage. »

Seulement 32 % des eaux issues des forages et 17 % des eaux de puits sont potables

Vider le puits tous les deux à cinq ans
La gestion des puits, qui capte essentiellement des eaux situées à proximité de la surface, est plus complexe. « Souvent, les buses ne sont pas étanches sur les premiers mètres de l´ouvrage. Dès qu´il pleut, l´eau de ruissellement entre facilement et entraîne avec elle des particules de terre et de matière organique. C´est pourquoi il faut imperméabiliser la partie supérieure du puits. »
Comme pour les forages, l´idéal est de rehausser la tête du puits de 50 cm à un mètre, et boucher les joints des cinq ou six premières buses. De l´argile sera ajoutée sur une profondeur de trois mètres autour de l´ouvrage. Un drainage entourant l´ensemble complétera sa protection.
Malgré ces précautions, des dépôts de limons se forment presque toujours au fond des puits. « Il est donc nécessaire de le vider tous les deux à cinq ans, pour curer la boue, et nettoyer les parois à la haute pression. » Loïc Fulbert préconise ensuite une désinfection à l´eau de Javel dès que l´eau a retrouvé son niveau initial, suivie d´une nouvelle vidange après avoir laissé le produit agir deux jours.

Tête de forage sans buse de protection
Ce forage a été réalisé en 1994 chez M. Templier à St Ouen des Toits en Mayenne.
Une légère dénivellation du sol évite le ruissellement vers la tête de forage. L´ouvrage est situé dans une prairie, à l´écart de l´élevage. Les taches de rouille indiquent la présence importante de fer. Comme les besoins en eau de l´élevage sont inférieurs au débit maximal de la nappe, la pompe est toujours immergée, et le fer ne se dépose pas.

Quel que soit le type d´ouvrage, le technicien tient à s´assurer que le périmètre de protection est bien respecté. « Une zone protégée doit faire un diamètre de dix à vingt mètres, dans laquelle les animaux sont interdits, et où l´herbe est régulièrement fauchée. » Un ensemble de mesures qui limiteront considérablement les risques de contamination dès le captage de l´eau, « mais qui seront efficaces seulement si à l´origine l´ouvrage a été réalisé dans les règles de l´art ».

(1) Ces données sont confirmées par d´autres GDS de l´ouest : dans le Morbihan en 2001, 31 % des forages analysés ont des eaux fortement contaminées sur le plan bactériologique.
Puits ©PLD

Ce puits surélevé est situé à l´écart de la maison d´habitation et de l´élevage de M. et Mme Lelong
à St Pierre sur Erve. Le cuvelage a été rénové en 1992, en respectant les recommandations du GDS 53. Depuis, aucun curage n´a été effectué, signe que l´ouvrage est de bonne qualité.

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