Réussir Aviculture 26 décembre 2007 à 12h15 | Par Armelle Puybasset

André Quénet, FDSEA du Finistère - Le rapport de force éleveur/abattoir est en train d´évoluer

L´enquête avicole du Grand-Ouest montre que, bien qu´elles aient légèrement augmenté, les marges brutes restent insuffisantes pour rénover. Seule une hausse conséquente des contrats le permettrait.

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Quelle analyse faites-vous de ces chiffres d´augmentation des marges brutes ?
L´exercice précédent, courant de juillet 2005 à juin 2006, avait été fortement pénalisé par la crise de l´influenza aviaire. Un retour à la normale du niveau des marges était donc le minimum que l´on puisse espérer. L´augmentation de la marge brute constatée cette année est en grande partie liée à l´amélioration de la productivité (réduction des vides sanitaires). On ne peut se satisfaire de tels résultats. Les marges ne permettent toujours pas de dégager un revenu suffisant. Sans compter que les charges variables pèsent de plus en plus lourd. Rien qu´entre mai et novembre 2007, le prix du gaz a augmenté de 51 euros (+ 7,6 %) et la tendance ne va pas s´inverser de si tôt.
Quel niveau de marge considéreriez-vous comme acceptable ?
Pour qu´un aviculteur puisse dégager un revenu de deux Smic par UTH et supporter le coût d´une rénovation, la marge poussin aliment doit atteindre 47 euros/m2/an en poulet et 50 euros/m2/an en dinde. Les besoins de revalorisation des contrats sont estimés à 37 euros la tonne en poulet et à 55 euros la tonne en dinde. Pour supporter un investissement en neuf, ils sont respectivement de 70 et 100 euros. Même si quelques hausses de contrat ont été concédées depuis l´été dernier, nous en sommes encore loin.
Ce niveau de revalorisation n´a-t-il pas un effet négatif sur la compétitivité de la filière ?
Répercuté auprès de la grande distribution, l´impact de la hausse des contrats sur le prix d´achat de la viande de volailles dans les linéaires serait minime. Nous l´avons estimée à + 0,5 centime d´euro par escalope de dinde achetée soit deux euros sur l´année pour un consommateur moyen ! Revaloriser les contrats des éleveurs est le seul moyen d´endiguer l´érosion du parc de bâtiment. Je ne suis pas favorable aux aides financières proposées par certaines organisations de production pour inciter les éleveurs à réinvestir. Je ne crois pas non plus que les subventions accordées par les conseils régionaux dans le cadre de projets de rénovation puissent réellement remotiver les éleveurs. C´est avant tout la marge dégagée par le poulailler qui doit supporter les investissements et aider à retrouver la confiance des banquiers. La production de volailles doit redevenir attractive. Avec la hausse du prix du lait, on peut s´attendre à ce que certains éleveurs non-spécialisés soient tentés de délaisser l´atelier avicole au profit d´une production plus rémunératrice.

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