Réussir Aviculture 07 janvier 2010 à 10h01 | Par P. Le Douarin

Alimentation au Maroc - Les immenses ambitions de Alf Sahel

D'abord accouveurs, Hicham Mohemmane et ses trois frères construisent avec "Alf Sahel" une leader de l'aliment du bétail, en s'appuyant sur la qualité totale.

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Les accouveurs font le pas vers l'intégration de l'aliment, et vice-versa, ainsi que celle de l'élevage, mais ne vont pas vers l'abattage, jugé encore trop risqué.
Les accouveurs font le pas vers l'intégration de l'aliment, et vice-versa, ainsi que celle de l'élevage, mais ne vont pas vers l'abattage, jugé encore trop risqué. - © P. Le Douarin

AHad Soualem, entre Casablanca à El Jadida, se dresse le complexe de fabrication d’aliments du bétail « Alf Sahel ». En 2003, ce site n’existait pas. L’an prochain, avec l’entrée en fonction de la seconde usine, il sera en capacité de fabriquer 100000 tonnes d’aliments par mois. « À l’origine, l’objectif des frères Mohemmane était seulement de fabriquer l’aliment nécessaire à leurs élevages de reproducteurs et à quelques clients, c’est-à-dire environ 15000 tonnes par mois », précise Yousef Mikou, directeur général. En réalité, avec un quasidoublement tous les deux ans, l’usine n’a pas arrêté de s’agrandir pour atteindre une capacité de 50000 tonnes par mois. Yousef estime que Alf Sahel fournit 30 à 35 % du marché. La première usine étant saturée, la décision a été prise de monter une copie juste à côté. Les premiers essais devraient démarrer en avril ou mai prochain. Coût annoncé par Yousef Mikou : 250 à 300 millions de dirhams.À terme, le site pourrait donc fabriquer 1,2 million de tonnes, sachant que les débouchés actuels sont de 2,2 millions de tonnes pour l’ensemble des fabricants du Maroc, qui comptent une quarantaine d’usines, soit 4 millions de tonnes de potentiel de fabrication. La clé du succès a reposé sur le parti pris de la qualité totale. Dès le départ, Alf Sahel a choisi de traiter thermiquement tous ses aliments et s’y est tenu. Certes, la volaille occupe 70 à 75 % des débouchés. « Nous avons aussi un cahier des charges strict sur les matières premières », ajoute Ahmed Ech-Chadli, en charge des achats. La qualité du maïs américain n’est pas toujours au rendez-vous, notamment vis-à-vis des mycotoxines.

ALIMENT 100 % THERMISÉ

La qualité a fait la différence et les éleveurs ont rapidement fait le choix de Alf Sahel : « meilleurs indices de consommation, durées d’élevage réduites, moindres problèmes sanitaires », souligne Yousef Mikou « Et cela d’autant plus que le prix était comparable à celui de la concurrence. » Au Maroc, les marges des fabricants sont sans commune mesure avec celles pratiquées en France. Ce que Alf Sahel aurait pu gagner sur un tonnage limité et à prix fort, il l’a amplement récupéré sur un plus grand volume fabriqué dans une usine ultramoderne et tournant à pleine capacité, donc à moindre coût de fabrication. Aujourd’hui, confesse Ahmed, l’usine tourne quasiment 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Doubler l’usine, c’est aussi sécuriser les outils et spécialiser les dix lignes par type d’aliment pour encore plus de sécurité. « Nous croyons à l’avenir de l’élevage hors-sol au Maroc et c’est pourquoi nous sommes réactifs. Tant pis pour ceux qui ne bougent pas », conclut Yousef Mikou.

Parcours

Le père d’Hicham s’est lancé dans l’aviculture dans les années 1970, en étant éleveur et revendeur de poussins et d’aliment. Au début des années 1990, il crée avec ses fils la société d’accouvage de poussins Soprina à Had Soualem, puis un second couvoir Eurafric, toujours dans le poussin. Désormais, leur accouvage totalise une capacité de production de 2,2millions de poussins par semaine, soit au moins un quart du marché marocain. Comme pour nombre d’accouveurs marocains, la maîtrise des coûts est passée par l’investissement dans la fabrique d’aliment, et celle des débouchés par une production de volailles intégrée.

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