Réussir Aviculture 04 octobre 2007 à 12h20 | Par Pascal Le Douarin

Alimentation/Analyse visuelle - Regarder l´aliment comme le voit l´oiseau

Les oiseaux ne voient pas les granulés comme nous, certains aliments sont boudés. D´où la nécessité de définir de nouvelles méthodes d´évaluation visuelle des aliments.

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Le phénomène du refus alimentaire est bien connu des éleveurs et des fabricants d´aliment : selon Isabelle Bouvarel (Itavi-unité Bird) environ 10 % des lots de dindes boudent l´aliment au moment de l´arrivée d´un nouveau lot de fabrication dans leur mangeoire. Ceci peut se traduire par des déséquilibres alimentaires, voire des désordres intestinaux, donc des problèmes d´élevage. Sans compter les coûts de reprise d´aliments. Les investigations des fabricants ne permettent pas de résoudre le problème, car souvent les compositions sont conformes aux besoins, et les caractéristiques physiques (granulométrie, dureté, durabilité) ne diffèrent pas des aliments bien acceptés. D´autres paramètres doivent donc intervenir, comme la couleur (clair préféré au sombre). C´est pour répondre à cette question qu´en 2005 recherches publique (Inra, Itavi) et privée (firmes services) ont collaboré.
De gauche à droite, du préféré au boudé : un granulé type de chacune des trois classes d´aliments. ©DR

Trois types d´aliments en évidence
Les résultats de cette étude ont été publiés aux Journées de la recherche 2007. Il s´agissait d´étudier la réaction à court terme de dindonneaux face à 33 aliments croissance (21-35 jours) du commerce fournis par sept entreprises de nutrition.
Chaque aliment a été décrit par 17 paramètres physiques différents (couleur, densité, dureté, durabilité, longueur, poids.). Les dindons mâles testeurs ont été placés en cage individuelle de manière à les observer et comptabiliser automatiquement leur consommation et le nombre de coups de becs portés à la mangeoire en 95 minutes. Dès la première demi-heure d´expérience, les oiseaux font nettement leur choix. En moyenne sur 32 aliments, le dindon consomme 15,6 grammes en 95 minutes pour 313 coups de becs, avec une efficacité de 57,4 mg par coup de bec.
De grandes variations sont observées entre consommation et nombre de coups de bec : ingéré bas (environ 10 g) et nombre de coups variant de 100 à 400, ou nombre de coups élevé (400) pour une consommation variant de 10 à 30 grammes.

Une classification (hiérarchique ascendante) a permis d´établir trois classes d´aliment pour une même moyenne de consommation, une même dureté et une même durabilité : dans le groupe 1 (10 aliments) le nombre de coups de bec est plus bas et l´efficacité supérieure par rapport au groupe 3 (6 aliments), le groupe 2 (16 aliments) étant intermédiaire. Dans le groupe 3, les granulés sont plus courts (4,95 mm) qu´ailleurs (plus de 6 mm) et de diamètre inférieur, ce qui expliquerait une efficacité inférieure des coups de bec. Ils sont aussi plus clairs que le groupe 2. Mais cette expérience n´a pas permis de trouver les caractéristiques séparant les groupes 1 et 2 malgré les nettes différences de comportement.
Nouveaux outils de visualisation
Il a fallu introduire de nouveaux paramètres visuels pour différencier les aliments 1 et 2. Les oiseaux ont une acuité visuelle plus forte que l´homme qui leur fait voir des détails qui passent inaperçus : hétérogénéité et répartition des couleurs du granulé, relief et formes aux extrémités.
A partir de photos de granulés, des chercheurs en imagerie ont introduit 19 nouveaux descripteurs de forme, de couleur et de texture. Ils sont parvenus à retrouver les trois classes d´aliments déjà décrits et à les classer dans le même ordre. La vision, essentiellement sous les angles couleur et texture, est fondamentale pour la recherche de nourriture. Un travail de fond(1) est mené jusqu´en 2009 pour arriver à fournir aux fabricants de nouveaux outils d´analyses automatiques d´images.
Réactions des volailles et images seront mises en parallèle. Ces nouveaux outils devraient permettre de fabriquer des aliments qui correspondront à ce qu´apprécient vraiment les volailles. Ils éviteront aussi de livrer des aliments qui, sinon, auraient de fortes chances d´être boudés.

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