Réussir Aviculture 10 novembre 2009 à 15h05 | Par H. Dumuis

Algues vertes - Ne pas négliger la piste du ramassage

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Une plage avec son rideau d'algues. Selon Sylvain Ballu, du Ceva, "le ramassage doit se concentrer sur le rideau en bas des plages, là où les algues sont les plus nombreuses."
Une plage avec son rideau d'algues. Selon Sylvain Ballu, du Ceva, "le ramassage doit se concentrer sur le rideau en bas des plages, là où les algues sont les plus nombreuses." - © Ceva

Le ramassage des algues fait partie de l’arsenal de défense de certaines communes bretonnes. Décrié par les uns, car ne s’attaquant pas aux véritables causes du phénomène, adoubé par les autres qui voient dans les algues une ressource potentielle... la question fait débat. Un juste milieu pourrait mettre tout le monde d’accord. C’est ce que propose Sylvain Ballu, responsable du suivi des marées vertes au Centre d’études et de valorisation des algues (Ceva). « Le ramassage des algues est une piste pour maîtriser la dynamique pluriannuelle des marées vertes. En effet, la seule présence d’éléments nutritifs ne suffit pas à déclencher une marée verte. Plus les algues sont nombreuses en automne et en hiver, plus celle-ci risque d’être importante la saison suivante. »

RAMASSER EN BAS DE PLAGE

Les stratégies actuelles de ramassage en haut des plages ne conviennent cependant pas au scientifique du Ceva. « On ramasse 25000 tonnes par an alors qu’en début de saison il n’y a que 3 500 tonnes d’algues. C’est comme rembourser des intérêts sans s’attaquer au capital ! » Ce que revendique Sylvain Ballu, c’est de « concentrer le ramassage en automne et au printemps en bas de plage, dans le rideau de mer où se trouvent les algues et y associer des ramassages opportunistes lors des proliférations saisonnières ». But de la manoeuvre : créer une rupture de la présence des algues et contenir les repousses quand les touristes sont présents. Pour l’instant, la machine idéale n’existe pas. « Un outil terrestre avec des roues serait souhaitable, car le rideau de plage est profond d’un mètre seulement », explique Sylvain Ballu.Autre écueil d’envergure, le coût : la machine avoisinerait les 500 000 euros, « sans garantie de résultat ».

QUE FAIRE DES ALGUES RAMASSÉES ?

Les déclarations récentes du premier ministre François Fillon sur la prise en charge par l’État du coût du ramassage des algues pourraient accélérer les prises de décisions à ce sujet, mais le problème de leur exploitation est posé. « Aujourd’hui, à Saint Michel en Grève, sur les quelques centaines de tonnes ramassées, certaines sont épandues, mais au-delà de 400 m3 elles restent en champ. Alors que fera-t-on de 3 500 tonnes ? », se demande Sylvain Ballu, pour qui « le ramassage doit être amélioré pour éviter le risque sanitaire lié au dégagement d’hydrogène sulfuré consécutif au pourrissement des algues. Or, les infrastructures de stockage et de compostage actuelles sont sous-dimensionnées. Il faudra trouver des filières d’évacuation qui acceptent de reprendre ce déchet ». Le scientifique prévient toutefois : « le ramassage curatif n’est pas un palliatif au préventif. Il faut une réelle diminution de croissance par le levier azote ».

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