Réussir Aviculture 06 mars 2003 à 13h44 | Par P. Le Douarin

Abreuvement des volailles - La qualité de l´eau fournie n´est pas toujours suffisante

Une récente étude du GDS des Côtes d´Armor sur la qualité de l´eau révèle les lacunes sanitaires du matériel d´abreuvement utilisé sans précautions.

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Non seulement les différents matériels d´abreuvement doivent fournir une eau en quantité suffisante, mais également en qualité suffisante. Félix Mahé, ingénieur du groupement de défense sanitaire costarmoricain, spécialisé en aviculture, s´est intéressé de près à ce que buvaient les poulets et les dindes de 20 élevages d´adhérents plutôt situés dans le tiers supérieur. Les 10 élevages de poulets étaient alimentés en pipettes et les 10 de dinde en abreuvoirs cloche. Six paramètres bactériologiques et sept physico-chimiques ont été analysés à trois reprises en poulet (J1, J10, J30/35) et cinq fois en dinde (J1, J10, J56, J70, J105). Le GDS22 a comparé les variations entre l´eau à l´entrée de ligne et l´eau aux extrémités. C´est-à-dire au point d´abreuvement des oiseaux : sorties de pipettes et goulottes d´abreuvoirs. Ce ne sont pas les valeurs absolues qui ont été prises en compte mais bien les variations. Compte tenu des matériels et des durées d´élevage, les conclusions sont différentes entre poulets avec pipettes et dindes avec abreuvoirs cloche.

Pipettes en poulet : by-pass indispensable
Avec les pipettes, les écarts sur les paramètres physiques et chimiques sont importants dès le premier jour, puis ils s´atténuent. Ils mettent en évidence une lacune dans les pratiques, à savoir la qualité du rinçage. Les poussins ingèrent une eau de rinçage durant les premiers jours ! Félix Mahé invoque la quasi-absence de système de dérivation du réducteur de pression (by-pass) sur les lignes des élevages enquêtés. Avec ce système, la pression de l´eau de rinçage dans le tube est au minimum supérieure au kilo de pression contre seulement 60 g maximum sans.
Si les écarts se réduisent en cours d´élevage (J 10), ils se creusent à nouveau en fin de lot (J 35). C´est l´encrassement progressif des tuyaux qui est en cause. Cette hypothèse est confirmée par les données bactériologiques. Six des dix poulaillers comportaient un traitement au chlore et les quatre autres étaient alimentés par l´eau du réseau public non traitée dans l´élevage. Les analyses avec chlore sont toujours meilleures qu´en absence de traitement, mais les écarts sont encore conséquents sur la flore mésophile, et surtout les levures-moisissures.
©P. Le Douarin


Néanmoins les bactéries susceptibles d´être pathogènes sont bien combattues par le chlore : coliformes, entérocoques, germes anaérobies sulfito-réducteurs (type Clostridium). L´eau est bactériologiquement potable.
Compte tenu des faibles débits et de la température intérieure élevée durant le démarrage, Félix Mahé estime que le chlore a tendance à disparaître par évaporation. Selon lui, il faudrait surdoser en chlore au début.
Pour les levures et moisissures, il pense qu´il pourrait être judicieux de pratiquer des traitements à l´iode, de préférence aux acides forts ou aux peroxydes qu´il estime inefficaces. En définitive, le dispositif de by-pass améliore le rinçage et permet des traitements de nettoyage du tuyau d´amenée en cours d´élevage. Sous forte pression, les oiseaux ne peuvent boire aux pipettes. Il n´y a donc aucun danger, ni pour l´animal, ni pour le consommateur final.

Abreuvoir dinde : bactériologiquement non potable
En dinde, à un jour il n´existe pratiquement aucun écart qualitatif entre l´eau entrante et l´eau arrivant aux abreuvoirs. Mais à mesure de l´élevage, les données physico-chimiques se dégradent surtout au niveau des abreuvoirs : hausse de la matière organique, dépôt de fer, hausse des nitrites d´origine bactérienne. Avec l´augmentation des besoins en eau, le renouvellement plus fréquent de l´eau se traduit par une amélioration de la qualité physico-chimique. En ce qui concerne la potabilité bactériologique dans les abreuvoirs eux-mêmes, Félix Mahé ne l´estime correcte que le premier jour. Au-delà, tous les critères sont dans le rouge, même en traitant l´eau au chlore avec les doses habituelles : coliformes, entérocoques, anaérobies sulfito-réducteurs (groupe des clostridies), levures, moisissures sont hors normes. L´effet du chlore ne peut persister dans les abreuvoirs. Plus le volume mort est important et les besoins sont faibles, et plus les développements bactériens seront facilités avec au final une eau dégradée. L´étude devrait être suivie d´une deuxième qui concernera les systèmes à godets, utilisés notamment en dinde. A suivre ...
Dans la cloche, l´eau n´est potable qu´au premier jour.

Légende : Avec ou sans traitement chloré, et quel que soit l´âge, l´eau arrivant dans la cloche est potable sur les critères bactériologiques (excepté un différentiel sur les levures-moissisures). Par contre dans la goulotte le traitement chloré tel qu´il est pratiqué est inopérant : tous les paramètres dépassent les niveaux de potabilité même avec chlore.

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Cet article est extrait du dossier de Réussir Aviculture du mois de Janvier/Février 2003 (Nº83) intitulé
«  Choix du matériel : abreuver en quantité et en qualité  ». En 8 pages, la revue fait le tour des matériels disponibles. De l´abreuvoir automatique à la solution du godet en passant par la pipette,
« chacun peut y trouver son compte ».
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