Réussir Aviculture 26 janvier 2007 à 16h50 | Par Pascal Le Douarin

Abattage - L´opérateur Tilly-Sabco est à nouveau « compétitif »

Malgré des propos rassurants de la direction de l´abattoir Tilly-Sabco en redressement judiciaire, l´assemblée générale du groupement fournisseur des Monts d´Arrée a révélé la forte inquiétude des éleveurs.

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Depuis le dépôt de bilan de l´abattoir grand export Tilly-Sabco (1), l´évolution favorable de la conjoncture a permis de rétablir la situation. « On ne s´y attendait vraiment pas aussi vite », a avoué Daniel Sauvaget, directeur de la branche volaille d´Unicopa, devant les éleveurs des Monts d´Arrée en assemblée générale. Grâce à un achat massif de viandes de volailles par l´Égypte, le marché s´est désengorgé et Tilly-Sabco a pu écouler vers la Russie ses stocks invendables au Moyen-Orient (ils avaient été produits avant la fin de l´embargo). Le redressement des comptes a été facilité par le plan social qui a touché 125 salariés, s´ajoutant à la fonte des stocks et au gel des créances (par le dépôt de bilan). Désormais, l´usine tourne à un rythme d´abattage ralenti (180 000 poulets/j), mais avec des coûts fixes qui ont été comprimés et des charges variables réduites. « Nous n´avons pas perdu en compétitivité parce que nous avons su nous réorganiser. » Et Daniel Sauvaget de citer l´arrêt de l´activité de découpe et surtout le travail en flux tendu. L´usine n´a jamais plus de 500 t de stocks (moins d´une semaine d´abattage). Depuis octobre 2006, Tilly-Sabco est redevenu compétitif.

Donner des signes de poursuite
Malgré ces bonnes nouvelles, les éleveurs doutent. Leur groupement des Monts d´Arrée, qui regroupe environ 70 adhérents pour 200 000 m2, fournit tous ses poulets à l´abattoir (900 000 par semaine). La période d´observation de six mois s´achève le 28 janvier, mais aucun projet de reprise n´est connu. Que va réellement faire Unicopa ? Tilly-Sabco pèse pour deux tiers des 1,3 million de poulets Unicopa produits par semaine. Que deviendront les éleveurs si Tilly-Sabco ferme ? Certains semblent déjà tentés de quitter le navire. Même questionnement des élus sur l´absence de communication du groupe ? Le maire de Guerlesquin, la ville de l´usine, souligne le rôle de locomotive de l´abattoir et l´impact très négatif en cas de fermeture.
En l´absence d´élus et de dirigeants de la coopérative Unicopa, le directeur de la branche volailles a tenté de rassurer. « Unicopa ne jette pas l´éponge, loin s´en faut. Il continue à financer tout l´amont (reproducteurs, poussins, aliments). Nous mettons en place des reproducteurs pour 2007 et 2008. » Quant au plan de poursuite qui devrait être présenté en février, « nous avons les moyens de démontrer que nous pourrons honorer le passif généré au moment du dépôt de bilan. Les clients nous font confiance. » Le manque de communication que tous ont regretté, éleveurs comme élus, devrait donc être mis sur le compte de la discrétion nécessaire dans de telles situations.
« Il est prématuré d´annoncer quoi que ce soit », estime Daniel Sauvaget. Soit, mais si la période d´observation est reconduite, les éleveurs auront-ils la patience d´attendre encore ?

(1) 27 juillet 2006

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