Réussir Aviculture 05 janvier 2011 à 10h45 | Par A. Puybasset

Abattage de poulets export - Tilly-Sabco investit pour gagner en compétitivité

Quatre ans après son dépôt de bilan, l’entreprise Tilly-Sabco a redressé la barre, et ambitionne d’être un acteur pérenne et incontournable du marché mondial du poulet surgelé.

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Les poulets abattus par Tilly-Sabco
sont essentiellement destinés aux pays du Moyen Orient.
Les poulets abattus par Tilly-Sabco sont essentiellement destinés aux pays du Moyen Orient. - © D.R.

Tilly-Sabco revient de loin. Lourdement pénalisée par la fermeture des frontières suite à la crise de l’influenza aviaire de 2006, l’entreprise avait déposé le bilan au cours de l’été de la même année.Depuis, les grands équilibres financiers ont été restaurés. « Nous avons reconstitué nos fonds propres, retrouvé de la trésorerie et même financé des investissements », se félicite Daniel Sauvaget. Dirigeant de l’entreprise depuis 1997, il a repris en 2008 60 % du capital de la société, détenu jusqu’alors à 100 % par le groupe Unicopa. En 2009, Tilly-Sabco a abattu près d’un million de poulets par semaine (contre 1,6 million avant la crise IA et 800000 au moment de la reprise en 2008) et a généré un chiffre d’affaires de 93,5 millions d’euros pour un résultat net de 6,3 millions d’euros soit 6,8 % du CA. Pour 2010, les prévisions font état d’un chiffre d’affaires en hausse à 100 millions d’euros (4,5 millions d’euros de résultats) et une augmentation du tonnage de 4,5 % (1,2 million de poulets abattus par semaine).


SE DIFFÉRENCIER DU BRÉSIL


En 2009 et 2010, 7 millions d’euros ont été investis dans l’entreprise. Ils concernent les ateliers de refroidissement des carcasses de poulets, le calibrage, la modernisation de la ligne de conditionnement et le renouvellement du parc de camions de ramassage des volailles (voir encadré). « Ces investissements ont pour objectif de gagner de la compétitivité sur des marchés très bataillés, explique Daniel Sauvaget. Il s’agit également d’accentuer nos efforts sur la qualité sanitaire et organoleptique de nos produits pour nous distinguer de nos compétiteurs brésiliens : utilisation d’une souche à croissance intermédiaire, réduction du temps de process…» Les nouveaux équipements visent aussi à améliorer les conditions de travail avec l’automatisation qui a permis de supprimer des postes de travail à risques de troubles musculo-squelettiques (postes réaffectés sur d’autres ateliers, maintien de l’effectif total de l’abattoir à 320 salariés) tout en améliorant l’empreinte environnementale de l’entreprise (réduction de la consommation d’eau,maîtrise des polluants).

Daniel
Sauvaget.
« Nous investissons dans une filière que beaucoup condamnent car elle est tributaire des restitutions, mais nous y croyons car nous sommes sur des marchés en forte croissance. »
Daniel Sauvaget. « Nous investissons dans une filière que beaucoup condamnent car elle est tributaire des restitutions, mais nous y croyons car nous sommes sur des marchés en forte croissance. » - © Armelle Puybasset

DES MARCHÉS EN CROISSANCE


Au cours des dernières années,Tilly-Sabco s’est recentré sur son métier de base, le poulet entier surgelé, qui représente 87,7 % de son chiffre d’affaires et a arrêté la découpe. Pour le reste, il s’agit de saucisses de poulet surgelées (8 % du CA) et de coproduits destinés à l’alimentation des animaux de compagnie. « Nous préférons nous spécialiser et peser sur des marchés que l’on connaît bien, sur lesquels nous avons développé des réseaux. » Près de 90 % des poulets sont destinés aux pays du Moyen-Orient, n o t a m m e n t l’Arabie Saoudite, le Yémen et les Émirats Arabes. Des pays à fort développement é c o n omi q u e . « Nous avons développé des partenariats forts avec un socle d’une douzaine de clients qui représentent près de 80 % de notre chiffre d’affaires (deux importateurs par pays avec chacun leur marque). » La totalité des poulets sont abattus selon les rites islamiques Halal. « Nous investissons dans une filière que beaucoup condamnent car elle est tributaire des restitutions (qui représentent environ 20 % du prix de vente) mais nous y croyons car nous sommes sur des marchés en forte croissance, conclut le dirigeant. Avec ces investissements, Tilly-Sabco se donne le moyen d’être un acteur pérenne sur ce marché mondial tout en préservant la filière de production bretonne et ses emplois salariés. »

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