Réussir Aviculture 15 janvier 2011 à 10h59 | Par P. Le Douarin

A l'EARL de l'oeuf bien-être - 187 000 poules aux portes de la Bretagne

En trente et un ans d’activité dans l’oeuf de consommation, André Brault est passé de 19000 à 187000 poules pondeuses. Il se prépare à passer le relais à son fils Benjamin.

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Montage des cages Zucami dans les anciennes fosses profondes. Les piliers d’origine sont renforcés par des poteaux,à l’emplacement réajustable après la pose des cages.
Montage des cages Zucami dans les anciennes fosses profondes. Les piliers d’origine sont renforcés par des poteaux,à l’emplacement réajustable après la pose des cages. - © P. Le Douarin

Situé à Servon-sur- Vilaine, en Ille-et- Vilaine, le site d’élevage d’André et Annette Brault possède plusieurs atouts de poids.Tout d’abord, il est en zone hors ZES, non soumise à des règles environnementales strictes sur l’azote qui limitent le développement des élevages. De plus, il est aux portes Est de Rennes, à proximité de la RN12 qui relie la Bretagne à Paris. Enfin, leur fils Benjamin était très motivé par la reprise de l’élevage. Âgé de 25 ans, opticien et déjà responsable d’une boutique, il est arrivé sur l’exploitation en mai dernier. « Je préfère prendre la suite de mes parents dans un métier qui a de l’avenir.Même s’il est soumis à des aléas économiques, il y aura toujours de la demande pour des oeufs de qualité, alors que l’avenir de mon activité précédente me semble plus aléatoire. » Tombé dans la « marmite agricole » à sa naissance, Benjamin s’est installé sans formation agricole. « Aucune formation n’est spécifique à l’oeuf et je me suis installé sans aides. » Hormis celle de la coopérative costarmoricaine Le Gouessant. L’arrivée de Benjamin se concrétise par un saut générationnel qui voit la taille de l’élevage doubler.Auparavant, André et Annette Brault possédaient 93 000 poules réparties dans trois poulaillers, dont 55000 avaient été mises aux normes bien-être de 2010 dès les années 2003 et 2004. Ce qui faisait d’eux des précurseurs. Il leur restait 38 000 poules logées à 550 cm2 par place dans un poulailler sur fosses profondes conçu à son époque pour 51000 poules.

La salle de mise en alvéoles a été étendue à 500 m2 et équipée d’un robot palettiseur de chez Ovoconcept.
La salle de mise en alvéoles a été étendue à 500 m2 et équipée d’un robot palettiseur de chez Ovoconcept. - © P. Le Douarin

PARTENARIAT ÉTROIT AVEC LE GOUESSANT


En 2008, c’est la coopérative Le Gouessant, leur nouveau partenaire économique, qui a convaincu André Brault de demander une extension de cheptel pour revenir à la taille initiale, et même de déposer la demande pour un quatrième poulailler de 75 000 places. « À ma grande surprise, en 2009 le projet a passé toutes les étapes sans encombres », commente l’éleveur. C’est le service environnement de la coopérative qui a monté le dossier administratif. L’appui ne se limite pas là. En plus du contrat sur l’achat d’aliment et sur la reprise des oeufs liant les éleveurs pour cinq ans, ceux-ci ont bénéficié d’une aide de la coopérative (au montant et aux modalités non dévoilés). « À l’heure actuelle, c’est devenu incontournable pour rassurer les banquiers », justifie Patrick Fairier, le président du Gouessant. Autre élément du partenariat : les deux poulaillers « nouveaux » (le rénové et le neuf) sont équipés chacun de quatre silos. En effet, chaque bâtiment sera alimenté avec deux aliments différents. « Avant de lancer nos nouvelles gammes mises au point en station d’essais, nous allons mesurer ici les performances qu’elles permettent d’obtenir en conditions réelles », explique Joël Rouault, du Gouessant.


QUATRE BÂTIMENTS AUX NORMES 2012


Quant à l’investissement total, il se monte à 2,4 millions d’euros, selon André Brault, pour 132 000 poules logées ou relogées, et pour un site qui atteindra 187000 places à la fin de l’année. Cela comprend la réalisation du poulailler neuf de 75 000 poules (22 !/place), la rénovation du bâtiment en fosse profonde de 57 000 places (16 !/place), la modification du centre de conditionnement (extension à 500 m2, installation d’un robot de palettisation Ovoconcept), les convoyeurs d’oeufs assurant la liaison avec le centre, le hangar de stockage des fientes. Au final, l’élevage va fonctionner avec quatre personnes à temps plein (les trois associés et leur salariée Emmanuelle) et avec des lots décalés: 55000 poules (deux poulaillers déjà aux normes) sont en place depuis juillet 2010, le 75 000 places a démarré le 6 novembre, et le 57 000 depuis la fin du mois de décembre. À terme, il est envisagé d’avoir simultanément deux lots d’âges différents, voire un seul. « Mon fils Benjamin s’installe comme moi à l’âge de 25 ans », remarquait André lors de la porte ouverte organisée le 3 novembre. Oubliant d’ajouter qu’il aurait dans les mains un outil dix fois plus grand que lui à ses débuts.Décidément, les temps changent dans la production d’oeufs.

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