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Dans l’Hérault : « J’ai attrapé 16 sangliers en un an grâce au piégeage de mes parcelles »

Le vigneron héraultais Christophe Sabatier emploie trois cages de piégeage sur son exploitation pour lutter contre les sangliers. Il allie cette technique avec des tirs d’affût.

<em class="placeholder">Christophe Sabatier, viticulteur, éleveur de cochons et en redémarrage de grandes cultures sur 30 ha, à Assas, dans l’Hérault</em>
Le vigneron héraultais Christophe Sabatier emploie trois cages de piégeage sur son exploitation pour lutter contre les sangliers. Il allie cette technique avec des tirs d’affût.
© C. Sabatier

« Le piégeage des sangliers est autorisé depuis deux ans dans l’Hérault. Mais pour pouvoir le pratiquer, il y a plusieurs prérequis. Il faut détenir un permis de chasse ou de tir car une fois que le sanglier est piégé, il faut le tuer avec un calibre suffisant. Il faut avoir suivi une formation de deux jours sur le piégeage classique, puis une formation d’une demi-journée au piégeage des sangliers. Ce n’est pas très pratique parce qu’il n’y a qu’une seule session par an, en août. Mais j’ai passé mes agréments piégeur un et deux.

 

On ne peut ensuite pas poser de cage partout. Seules les communes classées noires ou ne disposant pas de société de chasse peuvent recevoir des cages de piégeage. C’est le cas de la métropole de Montpellier, où deux années de suite, nous avons eu de gros dégâts de sangliers.

Des cages réglementaires autoconstruites pour 150 euros

Une fois que ces prérequis sont réunis, il faut fabriquer ou acheter des cages réglementaires, c’est-à-dire munies de charnières et non de guillotines, et qui ne puissent pas s’ouvrir de l’intérieur. J’ai autoconstruit les trois cages dont je dispose. Cela m’a pris une demi-journée par cage et m’est revenu à 150 euros, contre 3 000 euros dans le commerce. La Fédération de chasse est venue les contrôler et vérifier si le lieu de pose était conforme. Elles sont disposées dans des endroits assez peu visibles des humains, pour éviter tout vandalisme et toute mauvaise communication sur les réseaux sociaux.

Autres points, on ne peut agrainer qu’avec du maïs et les animaux piégés, une fois tués dans la cage, ne sont pas commercialisables. Ils doivent être abattus avant midi pour éviter toute souffrance, ce qui signifie qu’il faut faire le tour de toutes les cages tous les matins, ou ne pas les armer quand on ne peut pas passer. C’est une contrainte mais à côté de cela, c’est beaucoup moins chronophage que les tirs d’affût ou autre, qui prennent plusieurs heures. Si un autre animal qu’un sanglier est enfermé dans la cage, on le libère sans problème.

C’est une technique qui fonctionne bien, mais il faut s’y tenir. Remettre du grain quand des corneilles ou autre ont volé le maïs. Bouger légèrement la cage si un humain s’est tenu à proximité car les odeurs humaines éloignent les sangliers. En un an, j’ai attrapé 16 sangliers. Je conjugue cela avec des tirs crépusculaires ou des tirs d’approche. Ce qui marcherait le mieux, ce serait de pouvoir effectuer des tirs de nuit, comme dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, mais dans l’Hérault, c’est interdit. »

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