Réussir vigne 01 juillet 2002 à 14h19 | Par C. G.

Viticulture - Mesure de la qualité : les limites du système

Le système de paiement différencié instauré dans certaines coopératives peut entraîner des variations importantes de rémunération d´un hectare de vigne à l´autre. D´où la nécessité de faire reposer ce système sur des critères de notation non critiquables.

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L´une des difficultés auxquelles se heurtent les coopératives
lors de la mise en place d´un système de rémunération différenciée
est l´appréciation objective de la qualité. L´enjeu est de taille puisque selon la note attribuée à tel lot de vendange, la différence de rémunération peut atteindre parfois jusqu´à plus de 3 000 euros par hectare. D´où l´intérêt de faire reposer le système sur des critères de notation ne pouvant donner lieu à critique, contestation ou polémique. Aux systèmes de notation visuelle à la parcelle, certaines coopératives ont adjoint des appareils type Grapscan qui mesurent des paramètres analytiques sur la vendange. « Ce type d´appareil représente une technologie d´avenir car il permet d´évaluer le potentiel qualitatif du raisin de façon objective », estime Jacques Rousseau, de l´ICV. Mais attention : « L´achat d´un Grapscan ne permettra pas de résoudre tous les problèmes de sélection parcellaire. C´est un appareil de laboratoire qui doit être utilisé dans certaines conditions. De plus, tous les paramètres mesurés (22 au total) ne sont pas forcément fiables ». En particulier, l´indice « pourriture grise » n´est pas forcément corrélé avec le taux de pourriture apprécié à l´oil.

©Foss France

Son utilisation est une source de contraintes
« Si l´objectif est effectivement d´éliminer le raisin très pourri, cela marche mais le risque d´erreur sera très grand si la cave souhaite sélectionner des raisins à + ou - 10 % de taux de pourriture ». Par contre, cet appareil donne de bons résultats en ce qui concerne le taux de sucre, l´acidité et la couleur.
« Pour que les indices obtenus soient fiables, l´appareil doit au préalable être calibré pour chaque cépage et avant de mettre en place un dispositif de rémunération différenciée, il serait bon de prévoir une ou deux campagnes pour la mise au point de la calibration ».
Son utilisation est donc une source de contraintes. Elle nécessite un personnel qualifié, des conditions de mesure strictes (pas de vibration, pas de poussière, une température constante), une bonne organisation des apports pour avoir des conditions de mesure homogène entre lots.


La cuverie doit suivre
« Ce type d´appareil pouvant offrir des possibilités de sélection importantes, il faut également que la coopérative soit capable de les assumer. Il est inutile de multiplier les voies de sélection si la cuverie ne suit pas », indique Jacques Rousseau.
« Pour éviter d´en arriver à l´implosion du système, estime Laurence Hugou, de l´ICV, le plus important est que les règles définies s´imposent à tous. Ce qui suppose un choix politique fort avec la nomination d´une personne ayant tout pouvoir en matière d´évaluation afin d´éviter toute remise en cause ».

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