Réussir vigne 11 décembre 2002 à 18h00 | Par C. Galbrun

Viticulture - Les roseaux encore à l´essai pour le traitement des effluents de cave

Les capacités épuratrices des lits de roseaux offrent des perspectives dans le traitement des effluents. Mais le système, aujourd´hui limité au traitement de finition, doit être amélioré.

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Les lits plantés sont couramment utilisés pour la gestion des eaux usées domestiques. Le principe est simple : tout repose sur les capacités épuratrices du sol en milieu humide et la végétalisation de celui-ci, soit de manière spontanée, soit délibérée. Les roseaux, rustiques et adaptables, sont les plus couramment employés. A noter que des recherches sont en cours sur d´autres végétaux dits « hyper accumulateurs » et capables de fixer les métaux lourds. Par rapport à un simple lit de sable, la présence de végétaux permet le transfert par la tige d´une petite quantité d´oxygène vers le sol. Et les racines, en leur servant de support, favorisent le développement des micro-organismes capables de dégrader les matières en suspension dans les effluents. Autre avantage des végétaux : la limitation des effets de colmatage lors de l´apport d´effluents très chargés. Ainsi, le débit d´alimentation des lits plantés peut être plus important que sur un massif non planté. De plus, l´intégration dans le paysage d´un tel système d´épuration n´est pas à démontrer. Enfin, les plantes utilisées après fauchage peuvent être valorisées sous forme de compost.

Un système qui sature rapidement pour les effluents de cave
« Les performances des lits plantés sur les rejets domestiques sont tout à fait satisfaisantes, indique Joël Rochard, de l´ITV, mais leur utilisation en traitement direct avec des effluents de cave ne peut être encore envisagée. Les périodes de pointe que constituent les vendanges entraînent en effet une saturation rapide du système. » Les effluents vinicoles ayant des concentrations environ 10 fois plus élevées que les effluents domestiques (10 voire 20 g/l DCO (Demande chimique en oxygène), cela signifie qu´il faudrait un lit planté d´une surface de plus de 1 000 mètres carrés pour une cave produisant 500 hl/an, selon de premières estimations pour obtenir une eau traitée conforme aux valeurs limites de rejet dans le milieu naturel (50 mg/l DCO). Ce qui semble difficilement réalisable et deman-dera des adaptations.

« Par contre, cette technique semble prometteuse en tant que traitement de finition des effluents », estime Valérie Mouton-Ferrier, de l´ITV. Après stockage et épuration dans un bassin aéré, les effluents sont dirigés vers un lit de roseaux parfaitement apte à traiter des eaux chargées à 2 g/l DCO. Ces lits plantés pourraient également être utilisés pour le traitement des boues issues de système d´épuration biologique.
Dernière piste envisagée : les eaux issues du ruissellement des coteaux viticoles pourraient être envoyées vers un lit planté capable d´éliminer en particulier les produits de traitement phytosanitaires et les métaux.

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