Réussir vigne 30 mai 2003 à 18h46 | Par Julien Huchette

Viticulture - Le « bio » sélectionne les levures

Les traitements continus à base de cuivre favorisent l´apparition d´une souche de levure qui se distingue nettement de celles issues de stratégies plus conventionnelles.

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L´IUT et l´ITV de Colmar ont réalisé des essais pour évaluer l´influence des traitements phytosanitaires sur les souches de levures présentes au vignoble. Quatre modalités ont été testées : une « bio » à base de cuivre à faible dose (10 traitements à 1 kg/ha), une « conventionnelle » à base de produits organiques avec un apport en cuivre en fin de saison (2 traitements bouillie bordelaise à 8 kg/ha), une « conventionnelle » uniquement à base de produits organiques, enfin une dernière, toujours « conventionnelle », mais à base de strobilurines. Il en ressort que la modalité « bio » se différencie nettement des trois autres. « L´application du cuivre en continu a favorisé le développement d´une souche dominante que l´on ne retrouve qu´en très faible proportion chez les autres modalités », explique Marc Lollier du laboratoire de biologie de l´IUT de Colmar. Tout indique qu´un apport de cuivre, même à faible dose mais de façon continue, favorise l´émergence d´une souche « résistante » ou tout au moins tolérante au cuivre. « Une pression est exercée pendant tout le cycle qui favorise une orientation de la flore lévurienne. »
©Julien Huchette

La modalité « bio » s´est également distinguée par une diversité de flore plus importante, les stratégies plus conventionnelles sembleraient « appauvrir » la flore. Cependant, en vinification, il ne semble pas y avoir de différences entre la stratégie « bio » et les stratégies « conventionnelles ». Tout juste, « la souche « bio » a-t-elle une vitesse de fermentation très légèrement plus rapide », indique Marc Lollier. « Nous ne notons pas non plus de différence en dégustation », souligne Éric Meistermann de l´ITV de Colmar. « Les plus importants résidus de cuivre sont trouvés avec la deuxième modalité mais il n´y a pas d´impact au niveau aromatique ». A noter également que le programme à base de strobilurines ne s´est pas différencié des programmes conventionnels exempts de strobilurines. « On ne peut donc pas affirmer qu´il y ait de lien entre la recrudescence de certains mauvais goûts ces dernières années et l´usage de certains produits phytosanitaires », indique Philippe Kuntzmann de l´ITV de Colmar.

Les strobilurines étaient en effet dans le collimateur de certains viticulteurs ou oenologues qui les suspectaient de favoriser l´apparition des champignons responsables de la synthèse de la géosmine, molécule responsable des faux goûts.

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