Réussir vigne 26 février 2003 à 12h58 | Par C. Bioteau

Viticulture - La filière dit non à l´étiquetage des additifs allergènes

Une modification de la législation européenne va rendre obligatoire l´indication sur les étiquettes des additifs allergènes. Pour les vins, un sursis devrait cependant être accordé jusqu´en 2005.

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A l´initiative des pays nordiques, la Commission européenne projette de modifier une de ses directives pour rendre obligatoire l´indication des ingrédients présents dans les denrées alimentaires. Le vin n´échapperait pas à la règle et les producteurs devraient donc mentionner sur les étiquettes les additifs supposés allergènes, à savoir : les sulfites, le lysozyme (enzyme à base d´oeuf), mais aussi les colles à base de protéines, albumine d´oeuf, caséine et colle de poisson. Si l´obligation de mentionner la présence de sulfites commence à faire son chemin, il n´en va pas de même pour celle des colles protéiques. « Ce ne sont pas des additifs mais seulement des auxiliaires de fabrication, argumente Marcus Schlatmann, président de l´Union française des laboratoires et industries oenologiques (Uflio*). Elles sont en grande partie éliminées après soutirage ou filtration, on n´est même pas sûr de retrouver des traces dans le vin après traitement. » Et même dans ce cas, le risque d´allergie n´est pas prouvé dans le vin car l´alcool dénature les protéines. « Des dizaines de millions de bouteilles sont traitées et il n´a jamais été relevé un seul cas d´allergie liée à leur ingestion ».
©D. R.

A ces doutes scientifiques, se rajoute un problème d´image pour les grands vins français et de discrimination par rapport aux vins étrangers qui n´auront pas ces contraintes (hormis pour les sulfites). Les fournisseurs de produits oenologiques craignent de voir les ventes de colles protéiques s´effondrer.

Un courrier explicatif adressé aux politiques
L´Uflio et l´Union des oenologues de France n´ont donc pas tardé à réagir par l´envoi d´un courrier explicatif aux politiques concernés, français et européens, demandant une dérogation de trois ans. Ce sursis sera mis à profit pour lancer un vaste programme d´études. Coordonné par l´Onivins et financé par l´Onivins, l´Uflio, l´Uoef et les interprofessions, il s´attachera entre autres à mettre au point une méthode de dosage des résidus de protéines dans le vin et à préciser leur pouvoir allergénique en milieu alcoolisé. Il faut dire que les connaissances sur le sujet font défaut en France. Nos concurrents australiens sont eux plus avancés, qui devraient fournir prochainement une liste officielle des allergènes potentiel du vin.
En Europe, seules la France et l´Autriche se sont pour l´instant mobilisées et cela devrait porter ses fruits : « à priori, le sursis sera accordé et le couperet ne tombera pas avant 2005 », annonce, confiant, l´Onivins.


*L´Uflio regroupe les fournisseurs de produits oenologiques

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