Réussir vigne 05 août 2002 à 10h11 | Par Julien Huchette

Viticulture - L´irrigation resterait limitée aux parcelles d´extrême sécheresse

Les parcelles susceptibles d´être irriguées ne représenteraient qu´une infime partie du vignoble de la Vallée du Rhône.

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«Lorsque le viticulteur voit sa vigne perdre des feuilles, il pense à un excès de sécheresse. Mais la vigne s´adapte. C´est finalement plus le viticulteur qui souffre que la vigne... ».

Capacité auto-régulante de la vigne
Un discours volontairement exagéré qui veut montrer la capacité auto-régulante de la vigne. « Le grenache par exemple est un cépage capable de mettre en place une stratégie d´évitement : il ferme ses stomates et évite tout contact avec l´atmosphère. Ceci lui permet de réguler sa surface foliaire », explique Olivier Jacquet de la Chambre d´agriculture du Vaucluse. « La syrah ne dispose pas des mêmes mécanismes pour se protéger d´une contrainte hydrique : l´irrigation pourra s´avérer parfois, bien que très rarement, nécessaire. » Finalement, les parcelles souffrant de véritable sécheresse, c´est à dire pour lesquelles la qualité se déprécie, sont très rares. « Cela correspondrait à des situations rencontrées une année sur dix, dans une parcelle sur cent. » Les essais de la Chambre d´agriculture du Vaucluse, volontairement établis sur des parcelles à faible réserve en eau (de façon à maximaliser les situations de stress hydrique), montrent que les modalités sèches sont toujours préférées. Les vins sont plus structurés bien que moins alcoolisés (perte de surface foliaire donc de photosynthèse).

Baisse de la maturité au profit du concentré
Pour Olivier Jacquet, « l´arrosage est susceptible d´intéresser les vins de pays qui se veulent plus aromatiques, plus fruités. » L´irrigation permet de gagner en rendement et en maturité, la sécheresse permet d´obtenir un vin plus concentré. « Le tout est de savoir si l´on s´attache à l´aspect financier (l´arrosage en augmentant le kilo-degré peut parfois être intéressant) ou si l´on s´attache à l´aspect qualitatif. » L´irrigation n´étant alors que très rarement profitable. Pour Olivier Jacquet, c´est en amont qu´il faut raisonner : préparation du sol, densité de plantation, choix du porte greffe et du cépage, fertilisation. « Sur les terroirs sensibles au stress, beaucoup de viticulteurs ont encore tendance à pratiquer une fertilisation excessive sous prétexte d´une faible vigueur. Or, l´apport en azote favorise le développement végétatif donc la sensibilité au stress... » Rappelons que l´irrigation reste une pratique interdite sauf dérogation.

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