Réussir vigne 23 juillet 2004 à 09h46 | Par C. G.

VITICULTURE - Jacques Berthomeau : « Méfions-nous des théories d´excellence »

L´auteur du rapport sur l´avenir de la filière et initiateur de la réflexion baptisée Cap 2010, Jacques Berthomeau, estime que les propositions de René Renou ne sont qu´une contribution partielle au débat général.

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Que pensez-vous des propositions élaborées par René Renou ?
Jacques Berthomeau : Elles ont un seul mérite : relancer le débat. Car sur le fond, elles ne règlent rien. Elles vont mettre en concurrence une catégorie d´AOC génériques avec des vins de pays de grande zone. Et tout le problème des régles oenologiques va se poser dans cet espèce de marais. Que l´Inao réfléchisse, c´est bien. Maintenant, il faut que la filière se rapproche et arrive avec de véritables propositions.
Que doit-elle faire, selon vous ?
Jacques Berthomeau : Il faudrait voir comment aménager des passerelles pour que certains vins de pays puissent gagner la catégorie des VQPRD sous des règles à définir. Et que l´on essaye de border une zone à l´intérieur de laquelle on puisse faire des vins correspondants aux standards internationaux. Cette zone en fait, n´est pas un grand lac. On en a beaucoup exagéré les dimensions. Mais si on ne fait pas cela, la variable d´adaptation sera l´arrachage de vignes. A Bordeaux ou ailleurs. Ne pas vouloir arracher est d´ailleurs une idiotie. On peut toujours arracher puis replanter. Il faut ensuite mettre en place une gestion par bassin de production avec une affectation parcellaire. Il faut aussi favoriser une forme de négociation plus collective et inciter les coopératives à nouer des partenariats avec l´aval. Au lieu de faire du social, elles doivent d´abord bien faire leur métier de base : élaborer du vin. Quant à la communication, c´est le bal des leurres. Il faut arrêter de s´occuper de choses dont le consommateur se fiche éperdument comme la loi Évin. Ce ne sont pas les affiches 4x3 qui seront déterminantes dans cette relance de la consommation. Mieux vaudrait, comme le suggérait d´ailleurs Cap 2010, tenir une conférence régionale sur le sujet avec les financeurs locaux et cibler les pays porteurs. Et mieux vaut être conscient que l´État ne mettra pas un sou dans cette affaire.
Quel regard portez-vous aujourd´hui sur l´échec de Cap 2010 ?
Jacques Berthomeau : Les propositions faites par Cap 2010 ont été rejetées pour des raisons politiques. Pour l´heure, on est encore en train d´accumuler les réflexions. Mais il ne sera jamais possible de trouver l´unanimité. Il faut donc s´appliquer à dégager des compromis ultra-majoritaires. Et là, le rôle du ministère de l´Agriculture est déterminant. Tant qu´il n´y aura pas un travail de médiation, on n´avancera pas. La prochaine récolte va peut-être nous aider ainsi que la volonté de certaines entreprises. En tous cas, méfions-nous des théories d´excellence, elles ne sont pas toujours porteuses d´avenir.

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