Réussir vigne 02 janvier 2006 à 16h21 | Par Claudine Galbrun

Viticulture française - Non-dits, désaccords, querelles. Une filière au bord de la crise de nerfs

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« On va crever si cela continue » le message de Denis Verdier, président de la CCVF (Confédération des coopératives vinicoles de France) a le mérite d´être clair. Il y en a même qui vont plus loin : « la France viticole ne doit pas être assez dans la m. » puisqu´elle n´arrive pas à trouver les solutions pour sortir de la crise.
« Ce n´est pas faute d´y réfléchir puisque cela fait plus de quatre ans que les professionnels se prêtent à cet exercice - le rapport de Jacques Berthomeau sur l´avenir des vins français que l´on pourrait presque qualifier d´acte fondateur d´une pensée selon laquelle la filière viticole doit engager une réforme est paru en juillet 2001 -. Mais apparemment, ils s´y complaisent. Et pour la première fois, on en est arrivé à distiller des vins AOC. Tout le monde s´accorde pourtant à penser qu´il faut rendre l´offre de vins français plus lisible. Ce qui serait le moyen de reconquérir des parts de marché. Reste donc à concrétiser cette volonté de clarification de l´offre et c´est là que la machine commence à se gripper. A croire que la filière souffrirait d´une incapacité chronique à prendre une décision et qu´elle aurait besoin d´une bonne psychanalyse. De fins observateurs estiment que cette filière évolue dans le règne du non-dit et de l´interdit. » Ce serait même une des explications à la crise que vit aujourd´hui la viticulture française, selon Andy Smith, chercheur au CERVL (Centre d´études et de recherche sur la vie locale).
« Il serait injuste ou trop schématique de dire que les professionnels sont les seuls responsables de la crise actuelle mais la façon dont la filière est organisée fait qu´elle a du mal à questionner la validité des instruments dont elle dispose telle l´AOC et qu´il devient alors très difficile de faire des réformes autres que très légères. S´interroger sur la validité de l´AOC est déstabilisant pour les régions qui en sont productrices car cela oblige à reconsidérer les rapports entre l´AOC et les vins de pays. Et puisqu´on a du mal à poser cette question, on s´interdit de le faire ».
©Photo P. Cronenberger

Pour en savoir plus
Voir dossier de Réussir Vigne de décembre 2005 : « Les AOC en plein lifting » (RV nº114, 66 pages).

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