Réussir vigne 26 juillet 2002 à 09h45 | Par Philippe Cazal

Viticulture - En Languedoc, faut-il encore une AOC régionale ?

La fédération Sud des AOC s´interroge. La création d´une AOC régionale serait-elle encore capable de tirer vers le haut une offre qui souffre d´un manque de différenciation par le prix ?

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Une étude menée par le CIVL (Comité interprofessionnel des vins du Languedoc) sur l´offre régionale est venue semer le doute dans les rangs de la Fédération Sud quant à l´opportunité de mettre en place une AOC régionale. Cette étude apporte en effet un éclairage inquiétant : cette offre que ce soit en France ou à l´export, est avant tout basique, d´une grande confusion, où aucune hiérarchie n´apparaît entre vins de table, de pays, de Pays d´Oc et d´AOC. La différenciation qualitative n´étant pas confirmée par une différenciation par le prix. Les vins du Languedoc constituent un marché de volume premier prix pour la grande distribution. Dans ses linéaires, les AOC du Languedoc se situent à 80 % sur un créneau dont les consommateurs ne veulent plus, celui des vins inférieurs à 2,28 euros. Certes, il y a par ailleurs un travail de valorisation, réalisé par le négoce et les producteurs mais il est minoritaire en volume.

Pas une réponse à une situation de crise
Ce constat n´est pas étranger à la décision du cru corbières, présidé par Jean-Marie Sanchis, de considérer que la création d´une AOC régionale n´est plus une priorité, ne pouvant occuper sur le marché une place porteuse. « Il y a six ans, il fallait la faire. Aujourd´hui, on est dans la crise. Il ne faut pas la faire ». Jean-Benoît Cavalier, président de la Fédération Sud estime également que « l´appellation régionale ne peut pas être une réponse à une situation de crise. Elle ne peut être qu´un projet ambitieux en termes de qualité et de positionnement ». Dans la conjoncture actuelle, une appellation régionale n´apporterait pas la solution miracle. Et d´ajouter : « Cela d´autant moins que nos appellations ne sont pas aussi facilement substituables qu´on veut bien le croire. Si nous remplacions d´un coup trois produits par un, nous aurions une forte baisse des ventes. » Le sujet n´est toutefois pas clos, estime encore M. Cavalier. « Il faut l´aborder sur des bases saines. On ne crée pas une appellation régionale pour résoudre les problèmes qui ne sont pas résolus dans nos propres appellations. »

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