Réussir vigne 14 mars 2003 à 14h48 | Par Catherine Bioteau

Viticulture - Ces´prop, une opération de surveillance des fournitures de bouchage en Champagne

Les bouchons à champagne seraient sûrs pour le consommateur, selon le Comité interprofessionnel qui surveille de près tout de qui touche à la sécurité alimentaire.

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Le champagne tient à son image et le Civc veille au grain en ce qui concerne la sécurité alimentaire. Le Comité interprofessionnel s´est en effet lancé dans une vaste démarche de surveillance des fournitures de bouchage, baptisée Ces´prop. Initiée pour les bouchons, elle devrait s´étendre cette année aux bouteilles, capsules, bidules et autres capsules à vis. « Nous voulons contrôler les molécules qui peuvent migrer des matériaux en contact avec le vin, explique Michel Valade du CIVC. La dangerosité n´est pas énorme, rassure-t-il, mais nous préférons prévenir l´effet dévastateur que pourrait avoir un accident sur l´image du champagne. Nous recherchons donc à la fois les molécules susceptibles de présenter une toxicité mais aussi celles qui ont un problème d´image. »
A ce jour, 23 colles et traitements de surface ont reçu une évaluation positive. Les résultats sont plutôt rassurants. « Tous les produits déjà sur le marché ont été jugés sans problème. Seuls quelques nouveaux produits ont été écartés mais avant leur mise sur le marché. » Et notamment des nouvelles colles synthétiques pour rondelles, testées pour remplacer les colles traditionnelles à base de caséine. « Très peu remplissent les critères, mais davantage par manque d´informations toxicologiques sur leurs composants que par toxicité avérée, précise Alexandre Feigenbaum, de l´Inra de Reims, expert pour Afssa et la Commission européenne et partenaire de la démarche.
©CIVC


« Les phtalates ne posent pas de problème sanitaire »
Deux grandes familles de substances chimiques sont particulièrement surveillées. Il s´agit des phtalates et des amines aromatiques. « Les phtalates ont mauvaise presse mais ne posent pas de problème sanitaire dans les bouchons. Ils ont été soupçonnés à tord d´être cancérigènes pour l´homme. La législation les autorise dans une limite de 3 mg/kg d´aliment. La teneur dans les colles est 100 fois inférieure et en plus ces phtalates ne migrent pratiquement pas du bouchon vers le champagne. » Les colles pour aggloméré ont cependant été classées en deux catégories : avec ou sans phtalates. Aux bouchonniers et embouteilleurs de choisir. Les amines aromatiques sont eux bien cancérigènes, mais « on ne les retrouve jamais dans les bouchons, ou à moins de 2 µg/kg », assure le spécialiste.
Les premières analyses de bouteilles, capsules et bidules devraient suivre cette année. « Il n´est pas exclu que nous élargissions à d´autres produits comme les produits oenologiques », avance Michel Valade.

La démarche pourrait également faire des émules chez les bouchonniers pour vins tranquilles. Il faut dire que la réglementation sur les substances entrant dans la composition des bouchons doit se préciser dans les années à venir, le Conseil de l´Europe, devrait se pencher sur la question.

Pour mener à bien sa démarche, le Comité interprofessionnel s´est allié au Syndicat des bouchonniers en Champagne et s´est adjoint les services d´un laboratoire (le CTCPA à Bourg-en-Bresse) et de l´Inra de Reims. La démarche est basée sur la transparence des bouchonniers et de leurs fournisseurs de produits synthétiques qui transmettent au laboratoire, sous anonymat, la composition des matériaux qu´ils utilisent. Le laboratoire vérifie (sa prestation est payée par le fournisseur de produits) et une Commission d´évaluation composée de représentants du Civc, du syndicat des bouchonniers, de l´Inra mais aussi du ministère de l´Agriculture, décide d´attribuer ou non une attestation de conformité au matériau utilisé. Ces documents n´ont pas de valeur réglementaire, seulement contractuelle. Et la démarche est volontaire. Les contrôles effectués à ce jour concernent cependant plus de 80 % des bouchons à champagne du marché.
Quant à l´embouteilleur champenois, il ne lui reste qu´à demander à son bouchonnier une attestation de conformité pour se prémunir. Il peut également disposer d´une « liste positive » des colles et traitements de surface « agréés » par la Commission.

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