Réussir vigne 28 novembre 2001 à 17h43 | Par Claudine Galbrun

Vins de marque - Pour investir dans les marques, dégager de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée viendra d´une augmentation de la compétitivité. et d´une mise à profit judicieuse des subventions. «C´est une plaisanterie absolue que de dire que les coûts de production sont trop élevés en France », assure Jean-François Mau.

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L´impossibilité à dégager de nouveaux moyens financiers est avant tout une affaire de culture. « En France, on a favorisé l´émergence de grands groupes coopératifs qui se sont contentés d´ajouter des cols à des cols, avec un seul objectif : vendre plus de cols que le voisin. Et puis, dès qu´il y a un problème, on se tourne vers les pouvoirs publics. Il faut en finir avec les subventions et laisser les opérateurs se débrouiller. » Cette analyse libérale, peu tendre à l´égard de la coopération, qui d´ailleurs n´est guère épargnée par Jacques Berthomeau dans son rapport, est partagée par Jean-Marie Barillère, directeur général de Mumm. « La coopération participe au développement d´une région mais pas forcément dans le sens d´une plus grande valeur ajoutée. En Champagne, ce sont les grandes marques qui tirent la région et les prix vers le haut. Quant à la coop, sa vocation première est de rémunérer au mieux ses actionnaires. »
Plutôt que d´optimisation, Jean Huillet, président des producteurs de vins de pays, préfère parler « d´harmonisation » des coûts de production. « Et là, les coopératives sont particulièrement visées. Il faut aller vers la fusion. Pas une unique coopérative qui ramasse le raisin de Nîmes à Perpignan. Mais on peut envisager une spécialisation des sites, par exemple des sites dédiés aux blancs ou aux rouges et espèrer des gains de productivité. Mais ces rapprochements doivent se faire dans un climat serein ».
L´Onivins va participer à cet effort d´amélioration de la compétitivité en finançant, d´une part, à hauteur de 15 millions de francs, un encadrement technique du vignoble et, d´autre part, en lançant un programme d´audits régionaux des outils de transformation. « Il s´agit de faire un état des lieux puis de formuler des propositions de rénovation. L´objectif est d´avoir une vue d´ensemble d´ici six mois », indique Jean-Luc Dairien, directeur de l´Onivins. Une première enveloppe de 100 millions de francs, en plus de la POA (Prime d´orientation agricole, financée par Bruxelles) sera débloquée. « Globalement, on sait ce qu´il faut faire pour améliorer les choses. Reste à convaincre les professionnels d´y aller ». Et d´être bien convaincu, comme le souligne Jacques Berthomeau que « tout franc gagné à ce niveau peut être investi dans le soutien d´une marque ».

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