Réussir vigne 15 mars 2002 à 10h35 | Par M.-N. C. et C. G.

Vins de Bordeaux - La qualité n´est pas rentable

Suite à une étude publiée par l´Urab(Union régionale agricole de Branne-Libourne-Targon) la qualité dans le contexte actuel ne serait pas forcément rentable. Avis au négoce.

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Au moment où le tonneau de vin AOC bordeaux se négocie aux alentours de 1 070 euros, est-il rentable pour le viticulteur de produire selon des critères qualitatifs ? Rien n´est moins sûr, à court terme en tous cas, si l´on en croit les résultats d´une étude sur les coûts de production en AOC bordeaux, réalisée par l´Urab(1). L´étude compare deux itinéraires de conduite de la vigne : le premier dit classique mené sans efforts particuliers, le second qualifié de « Qualité plus » comprenant analyses de sol et de pétioles, fertilisation raisonnée, maîtrise de l´enherbement et désherbage sous le rang, opérations en vert, contrôle des pulvérisateurs, lutte chimique raisonnée et accompagnement des vinifications.
Des négociants de plus en plus exigeants
Le résultat est sans appel. Pour un rendement de 61,5 hectolitres à l´hectare, le coût de revient par tonneau, dans le cas d´une vigne haute et large conduite de manière classique, est de 879 euros. En itinéraire qualité plus, ce coût grimpe à 1 060 euros. Dans le cas d´une vigne basse et étroite, on atteint respectivement 994 et 1 210 euros. Si le rendement baisse à 45 hectolitres, le tonneau revient à 1 156 euros en itinéraire classique et à 1 404 euros en itinéraire qualitatif vignes larges. En vigne étroite, on atteint 1 313 et 1 608 euros. Autant dire que dans le contexte économique actuel, la valorisation d´un parcours qualitatif sur le marché du vrac devient aléatoire. « Les cours actuels sont insuffisants pour financer une viticulture responsable. Un viticulteur bordelais ne peut pas envisager la pérennité de son exploitation avec un tonneau à moins de 1 220 euros », estime Jean-Louis Roumage, président du syndicat des AOC bordeaux et bordeaux supérieur. Pourtant, les négociants se montrent de plus en plus exigeant quant à la qualité au travers de cahiers des charges de plus en plus contraignant.
Cette étude, explique l´Urab, permettra au viticulteur avant de conclure un partenariat avec un négociant d´apprécier le montant de ses engagements et de privilégier les interventions au vignoble ayant un bon rapport qualité/prix. Reste à savoir si les négociants l´entendront de cette oreille. Pour eux, les choses sont claires : « C´est le marché qui fait sa loi. »


(1) Union régionale agricole de Branne-Libourne-Targon, structure dépendante de la Chambre d´agriculture.

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