Réussir vigne 15 mars 2004 à 17h58 | Par Catherine Bioteau

Vins biologiques - Débuts timides de la charte de vinification

Une trentaine de caves ont appliqué la nouvelle charte de vinification des raisins bios sur le millésime 2003. Bilan.

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L´Association interprofessionnelle des vins bios du Languedoc-Roussillon (AIVBLR) a tiré en décembre dernier le bilan de la première année d´application officielle de la charte de vinification pour les raisins issus de l´agriculture biologique. Pour les vendanges 2003, 30 caves seulement (29 caves particulières et une coopérative) se sont engagées dans la charte, uniquement dans les régions Languedoc-Roussillon et Bordelais. « Mais le nombre d´adhérents devrait être nettement plus élevé en 2004, indique Aurélie Mercier, qui a mené les audits pour l´AIVB.
L´application de la charte n´a pas mis en évidence d´impasses techniques majeures, excepté pour l´élaboration des vins doux naturels du Roussillon. La législation impose en effet aux producteurs l´ajout d´alcool rectifié extra neutre (titrant au moins 96 % d´alcool et déméthanolé) pour muter les VDN et pour l´instant il est impossible de se procurer un tel alcool avec une origine biologique garantie pour un coût raisonnable.
©D. R.


Des listes de produits utilisables ou interdits
Le problème ne concerne cependant que de faibles volumes de vins. Les autres ingrédients, tels que les moûts concentrés rectifiés bios et l´alcool de mutage bios étaient disponibles sur le marché. Par contre, l´AIVB pointe du doigt le manque de transparence sur la composition des produits oenologiques. « Tous les vendeurs n´ont pas une bonne connaissance de la composition des produits qu´ils commercialisent et donc de leur compatibilité avec la charte des vins bios, regrette Aurélie Mercier. Pour l´instant, seuls deux distributeurs, Martin-Vialatte et Laffort-Onologie, se sont montrés sensibles à nos demandes. » L´AIVB va donc mettre en place des listes de produits utilisables et interdits.

Le respect de la charte a également obligé les vinificateurs à délaisser les solutions d´anhydride sulfureux concentrées au profit de solutions à 6 ou 8 % plus pures (sans bisulfites de potassium) mais moins stables et plus chères à l´emploi. Le respect des doses de SO2 total n´a pas toujours été aisé surtout pour les vins élevés en fût. Autre point à améliorer : la traçabilité. « La majorité des domaines ne tenait pas de traçabilité des intrants », regrette Aurélie Mercier, qui estime pourtant que cette traçabilité est très simple à mettre en oeuvre d´autant plus que les exploitations bio utilisent relativement peu d´intrants.
Dorénavant, les exploitations adhérentes seront contrôlées par Ecocert une fois dans l´année. Les bios espèrent toujours une harmonisation rapide des chartes de vinification européennes bio ainsi que l´utilisation d´un logo sur les bouteilles.

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