Réussir vigne 19 mai 2004 à 18h49 | Par Claudine Galbrun

Vin de pays Val de France - Les contours se dessinent mais tout n´est pas réglé

Tout le monde (ou presque) semble d´accord sur la nécessité de créer un vin de pays val de France. Reste encore à surmonter quelques problèmes techniques et juridiques.

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Le projet de création d´un vin de pays val de France a été débattu au cours du conseil spécialisé Vin de pays de l´Onivins, le 7 avril. Mais des problèmes d´ordre technique et juridique doivent encore être résolus avant que celui-ci n´arrive sur les marchés. « Nous allons devoir reprendre la scie, la lime et le rabot et remettre tout cela sur le métier », indique l´Anivit. Premier point à revoir : le contour géographique de la dénomination. En effet, selon la réglementation européenne, une indication géographique doit faire obligatoirement référence à un territoire. De plus, si la France est bien un territoire, cette même réglementation interdit la possibilité de faire un vin à indication géographique qui ait pour territoire celui d´un Etat-membre. « Toutefois, une évolution de la législation n´est pas à exclure surtout avec l´élargissement de l´Europe à de nouveaux pays. En effet, un vin de pays de Malte, par exemple, a une réelle signification », indique l´Onivins. En attendant, ce territoire doit faire l´objet d´un descriptif physique qui soit administratif ou naturel.

Un vocabulaire correspondant à la réalité
Pour l´Association française des embouteilleurs-distributeurs (Afed), le problème peut être facilement aplani « en faisant la somme des aires géographiques de tous les vins de pays qui accepteront de rentrer dans cette démarche ». Et en faisant remarquer qu´il existe déjà un vin de pays du jardin de la France qui n´a jamais suscité d´opposition. Autre difficulté à lever : l´utilisation de mots tels que « val », « vallées » ou « collines » doivent correspondre à une réalité. En l´occurrence, le vin doit être effectivement produit dans un val au risque de tromper le consommateur si celui-ci est produit en coteaux. Là encore, l´Afed souligne qu´en Ardèche, par exemple, il n´y a pas que des coteaux. Enfin, certains professionnels se sont demandés si l´Association nationale interprofessionnelle des vins de table et de pays (Anivit), regroupant producteurs et négociants, avait la légitimité à porter ce projet puisque selon la loi, celui-ci doit être déposé par un syndicat de producteurs. La Confédération nationale des producteurs de vins de pays devrait oeuvrer pour la création de ce syndicat. L´étude de faisabilité va donc se poursuivre.

Pour l´Afed, il n´y a que des points de détails à résoudre et elle ne doute pas qu´ils le seront lors du prochain conseil spécialisé en juin. Si, en son temps, la seule évocation de la création d´un vin de pays des cépages de France (en quelque sorte, le prototype de ce que pourrait être le vin de pays du val de France) provoquait aussitôt l´opposition frontale d´une partie de la production, ce nouvel avatar a, selon l´Afed, recueilli un avis unanime pour continuer à le modeler. Les esprits se seraient donc apparemment apaisés. Les représentants des vins de pays d´Oc, résistants farouches à la création des vins de cépage de France, ne se sont d´ailleurs pas exprimés lors de ce conseil spécialisé, ont noté plusieurs observateurs. Interrogé toutefois, le syndicat indique rester sur la même ligne que précedemment. Il faut dire que l´Anivit avait enfilé des gants en présentant son projet de décret en vue d´instituer cette nouvelle catégorie de vin en précisant bien que si le bassin d´approvisionnement de ce vin était le plus large possible pour permettre la création de vins de marque, seuls les syndicats de vins de pays qui en manifesteraient expressément l´envie, y adhéreraient.

L´Afed a d´ailleurs rappelé, histoire de vaincre les dernières réticences, que ce vin ne serait en aucun cas un déversoir et qu´il devait assurer aux viticulteurs un revenu. « Ne pourront accéder à cette catégorie que des vins déjà agréés en vin de pays et seulement des vins de cépage car ce sont aujourd´hui les plus demandés sur le marché et les plus rémunérateurs. De plus, le partenariat entre vigneron et négoce sera la règle sous la forme de contrats triannuels. Enfin dernier verrou de sécurité : seuls les vins bénéficiant depuis au moins trois ans d´une dénomination pourront en faire partie. Ainsi si demain, par exemple, Bordeaux décidait de créer un vin de Guyenne et Gascogne, il ne pourrait être agréé en vin du val de France ».

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