Réussir vigne 23 décembre 2002 à 16h05 | Par Julien Huchette

Variétés de vigne - A quand le retour de la counoise ?

La counoise est aujourd´hui délaissée. Ce cépage, originaire du Vaucluse, apparaît pourtant intéressant sur rosé, voire même sur rouge.

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Le syndicat des coteaux d´Aix-en-Provence, le Centre du Rosé et la Chambre d´agriculture des Bouches du Rhône entament une expérimentation de cinq ans sur la counoise. Pour remettre les pendules à l´heure sur un cépage au potentiel controversé. Comme l´explique Gilles Masson du Centre du rosé, « on entend tout et son contraire sur la counoise. Certains assurent que c´est un cépage qui donne les meilleurs rosés, d´autres qu´il n´est qu´un mauvais cinsaut. L´objectif de l´étude est d´arbitrer objectivement ces propos. » Trois sites, plus ou moins précoces ont été choisis. Il s´agira de savoir à quel terroir la counoise convient le mieux. « Il est difficile d´évaluer aujourd´hui le meilleur terroir mais déjà cette année nous donnera de précieux renseignements : 2001 et 2002 sont en effet des millésimes forts différents, tant d´un point de vue maturité que sanitaire », souligne Didier Richy de la Chambre d´agriculture des Bouches du Rhône.
©Entav


Des résultats encourageants
Sur le plan agronomique, la counoise est réputée donner des productions irrégulières, contrairement à l´aubun plus élastique vis à vis du terroir et du millésime. « En comparant les deux premières campagnes, nous n´avons pas observé de façon évidente ce phénomène d´alternance », observe Didier Richy. Les prochains millésimes confirmeront ou non ce constat. Quoiqu´il en soit, sur le plan onologique, les premiers résultats sont encourageants. « Les vinifications 2001, malgré une année moyenne en couleur, nous ont donné des vins bien colorés, tant pour les rosés que pour les rouges », souligne Gilles Masson. « La counoise donne un rosé de couleur « rose bonbon vif » d´une intensité intermédiaire entre la syrah et le cinsaut. Elle est en outre résistante à l´oxydation et ne prend pas de teinte caramel comme le grenache ».

L´équilibre en bouche reste conventionnel avec un intéressant rapport alcool/acide. Sur le plan aromatique, Gilles Masson confirme l´intérêt du cépage. « On note une variété d´arômes d´une intéressante complexité : sur une base fruitée, des notes d´épice, de fleuri, voire parfois empyreumatique apparaissent. C´est très particulier et totalement différent de ce que l´on rencontre sur syrah, cinsaut ou grenache. » Idem pour les vins rouges. « La couleur est moindre que pour la syrah mais apporte une touche exotique intéressante pour des vins faciles à boire », indique Didier Richy. Si les résultats se confirment, le syndicat pourrait éventuellement envisager une campagne promotionnelle pour ce cépage autochtone qui n´est aujourd´hui que très peu planté.

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