Réussir vigne 27 septembre 2018 à 08h00 | Par Justine Gravé

[VIDÉO] Vincent Delanoue : "J'ai adapté une vieille machine à vendanger tractée en châssis enjambeur"

Simplifier le travail mécanique du cavaillon, voilà ce qui a poussé Vincent Delanoue, vigneron au domaine de la Noiraie, à réaliser ce châssis enjambeur à partir d'une machine à vendanger désuète.

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Vincent Delanoue a fabriqué un châssis enjambeur pour décavaillonner à partir d'une vieille machine à vendanger © Justine Gravé

Comme bon nombre de vignerons, Vincent Delanoue est préoccupé par la probable interdiction du glyphosate. Le travail mécanique des sols sera alors sa seule alternative. Oui, mais à Benais, dans le centre-Val-de-Loire, la tâche n'est pas aisée. La plupart des châssis enjambeurs existants dans le commerce sont inadaptés au vignoble de Vincent Delanoue. « Chez nous les terres sont très morcelées, et nous n'avons pas les mêmes écarts entre le début et la fin du rang, ce qui rend le travail par deux demi-rangs vraiment compliqué ». Pour ajouter de la complexité à la tâche, le vigneron explique qu'il rogne ses vignes entre 1,70 et 1,80 m ; « donc on ne trouve pas d'enjambeurs suffisamment hauts ». Un vrai casse-tête en somme.

Il a acquis une vieille vendangeuse sur leboncoin

C'est alors que Vincent Delanoue se rappelle d'un collègue qui avait aménagé un enjambeur. Il se tourne vers un ancien professeur de BTS très porté sur le machinisme agricole et lui demande conseil. Sur internet, il se met à la recherche d'une machine à vendanger à bas prix et trouve son bonheur sur le boncoin.fr. Il achète une vieille Howard pour 800 € et s'attèle à la désosser, de sorte à ne garder que la partie hydraulique et l'autoguidage sur le rang. Il revend toute la feraille environ 300 € et conserve l'électronique, à d'autres finalités. Il fait appel à un professionnel pour souder sur l'armature deux longerons d'environ 1,50 m de long sur lesquels il est possible de fixer les différents interceps à l'aide de gros boulons.

Environ un mois de travail

Finalement, adapter sa vieille machine à vendanger en châssis enjambeur lui aura couté environ 2 000 € et un mois de son temps. Mais les bénéfices sont grands. Le travail sur un rang complet simplifie énormément la tâche et est désormais à la portée de tout tractoriste. La machine se déporte à droite du rang travaillé alors que le tracteur roule à gauche, pour une visibilité accrue de l'opération. Grâce à l'auto-guidage, l'enjambeur fait varier de façon autonome la hauteur de travail. « Il ne faut que quelques minutes pour fixer les interceps et on est prêt à partir avec n'importe quel tracteur et n'importe quel chauffeur » confie Vincent Delanoue. En 2018, il aura réduit de moitié le désherbage chimique grâce au travail du sol à l'aide de sa vieille Howard.

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Isabelle (16) | 02 octobre 2018 à 10:26:56

vieille ALMA

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