Réussir vigne 14 décembre 2018 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

Une amibe aux propriétés biocides pour prévenir le mildiou de la vigne

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L'amibe Willaertia magna est un être microscopique qui a la caractéristique de phagocyter les organismes pathogènes de l'eau douce.
L'amibe Willaertia magna est un être microscopique qui a la caractéristique de phagocyter les organismes pathogènes de l'eau douce. - © Amoeba

De quoi s’agit-il ?

L’amibe Willaertia magna C2c Maky est un micro-organisme vivant, sélectionné par la société française Amoeba, et commercialisé pour ces propriétés biocides. C’est un prédateur naturel des organismes pathogènes contenus dans l’eau douce, comme les légionelles. Il est utilisé avec succès depuis plusieurs années dans l’industrie, notamment pour désinfecter les tours aéroréfrigérantes. L’an dernier, la firme a souhaité élargir son champ d’action et a testé l’effet de cette amibe sur les organismes responsables du mildiou de la vigne et de la pomme de terre.

Quels sont les résultats ?

Les tests in vitro sur disques foliaires ont été très prometteurs. En pulvérisant l’amibe (aussi bien vivante qu’en fragments) sur les feuilles de vigne 24 heures avant l’inoculation de Plasmopara viticola, l’efficacité du traitement a été de 100 %, même sur les souches résistantes aux SDHI. Cette année, Amoeba a commandé des essais sous serre avec différents niveaux de pression et temps de contact. L’amibe a été pulvérisée sur la plante en prévention, et son effet a été comparé avec une bouillie bordelaise et un témoin. Selon la dose, les résultats ont montré une protection similaire au cuivre lors d’une inoculation 24 heures après application, et une efficacité de 50 % à cinq jours. « Le mode d’action est une combinaison de plusieurs facteurs, mais nous avons tout de même constaté que l’amibe a un effet fongicide direct sur le germe du champignon », indique Fabrice Plasson, directeur de la firme.

À quel stade de développement en est-on ?

Amoeba travaille actuellement sur une formulation à base de fragments d’amibes. La société a programmé des tests au champ dès 2019 en collaboration avec des organismes certifiés BPE, dans l’idée de déposer un dossier d’homologation en fin d’année prochaine. « Notre produit actuel a fait la preuve de sa non-toxicité pour les autres organismes vivants et pour l’environnement, aussi nous espérons une approbation comme substance à faible risque », ajoute Fabrice Plasson. La production de l’amibe étant déjà industrialisée, la mise sur le marché pourrait ensuite se faire rapidement, et à un coût maîtrisé.

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