Réussir vigne 10 octobre 2018 à 08h00 | Par Propos recueillis par Emmanuel Brugvin

Surfer sur le numérique

De nouvelles opportunités commerciales s'offrent aux viticulteurs grâce au numérique. Ariane Voyatzakis, responsable du secteur agroalimentaire chez Bpifrance, banque publique d’investissements, nous explique comment s’en saisir.

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Ariane Voyatzakis est responsable du secteur agroalimentaire chez Bpifrance et accompagne les nouveaux acteurs de l’alimentation.
Ariane Voyatzakis est responsable du secteur agroalimentaire chez Bpifrance et accompagne les nouveaux acteurs de l’alimentation. - © A. Voyatzakis

Que pensez-vous du rapprochement entre les géants du e-commerce et de la grande distribution ?

Alors que l’on pouvait les croire concurrents, aujourd’hui, leurs intérêts convergent. D’une part, les acteurs du e-commerce ont besoin de lieux physiques de distribution pour entrer en contact avec les clients. D’autre part, les distributeurs savent qu’ils ne peuvent manquer le virage du numérique. Dans le même temps, nous assistons à des regroupements de centrales d’achats, qui leur permettent de peser plus fort dans les négociations commerciales. Peu de place pour les petits producteurs avec cette concentration.

Le numérique est donc un rendez-vous manqué pour les viticulteurs ?

Pas du tout. Le digital offre de nouveaux canaux de distribution qui sont autant d’opportunités à saisir. Nous avons l’exemple d’Œnocar.fr, une solution très inspirée de Blablacar. Ce nouveau service en ligne, créé à Bordeaux par Daniela da Silva propose aux œnotouristes de ramener des bouteilles aux personnes qui habitent à proximité de leur domicile. Le producteur leur offre une bouteille pour dix transportées. Aux vignerons, clients des caveaux et amateurs de bons vins de s’inscrire sur le site pour partager les opportunités.

Peligourmet fonctionne sur un principe similaire, mais avec de nombreux produits du terroir dont du vin. D’autres réseaux offrent de nouvelles opportunités commerciales comme La ruche qui dit oui, qui met des milliers de producteurs et de consommateurs en relation, en France et à l’étranger.

L’innovation porte uniquement sur des sites de e-commerce ?

Pas forcément. Le numérique offre d’autres moyens de tisser une relation nouvelle avec le consommateur. Prenons le cas du site Mon beau terroir. Ce service recense les agriculteurs qui offrent des solutions de visite des exploitations et de la vente directe. C’est un excellent moyen de se faire connaître. Nous avons également 10-Vins. Cette équipe nantaise sélectionne des vins qualitatifs. Ensuite, le consommateur peut les déguster au verre chez un professionnel de la restauration équipé de leur machine D-Vine qui diffusera le produit à la bonne température et à la bonne aération. Une puce insérée dans la fiole de 100 ml permet d’informer la machine des conditions optimales de consommation. Être référencé par leur œnologue peut être mis en avant comme un atout commercial. Match a Wine, une autre solution en ligne, utilise l’intelligence artificielle pour assurer aux particuliers un excellent accord mets et vins. L’internaute tape sur le site le nom du plat et une liste de vins ad hoc apparaît. Pour le viticulteur, cette solution est un moyen de se faire connaître et de déclencher des actes d’achats. D’autres solutions existent pour donner de la visibilité à ses produits comme Food Me Up. Cette application en ligne permet aux restaurateurs de planifier la gestion de leurs stocks fournitures à partir de la saisie de leurs recettes et de la programmation journalière de leur carte des menus. Le logiciel gère directement les commandes d’approvisionnements.

Comment débusquer ces start-up ?

Nos équipes de Bpifrance ont recensé pas moins de 161 start-up présentant de très belles innovations pour toute la filière viticole. Nous en diffusons la liste sur internet. La plupart de ces acteurs ont besoin de vin à diffuser. J’encourage les viticulteurs à suivre l’actualité des start-up de l’alimentaire comme n’importe quelle autre opportunité de marché. Leur créativité et leur ingéniosité leur donnent des opportunités de collaboration hors des sentiers battus avec des volumes qui correspondent souvent à leur capacité de production tout en conservant des marges.

 

 

Exemples des start-up recensees par Bpifrance

. Viticulture : Anova, Cap 2020, Vitirover, Force A, Naïo technologies ...

. E-commerce : A la source, Achete ton vin, Actwine, Cavissima, LaBouteille.fr, Vignerons d’exception, Les petites caves, Vin malin, Vinbiothe, Les passionnes du vin, Pur jus...

. Applications mobiles : Goot, Kol, Le bon Gustave, Pinot bleu, Raisin, Wine advisor, Wine on demand, Oncle Bacchus...

. Œnotourisme : Geovina, Rue des vignerons, Vinizos, Wine tour booking, Vinochromie, Mappavini, Sommelier particilier...

. Wine box : Alliance saveurs et vins, Je cree ma cave, La boit’apero, Chais les lles, Trois fois vins, Chais d’œuvres, My viti box...

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