Réussir vigne 22 octobre 2018 à 08h00 | Par Cas pratique réalisé par Loïc Perrin (1)

Rendements faibles : et si la valorisation ne suffisait pas ?

Toutes les années et toutes les cuvées n’ont pas le même coût de revient. Mais très souvent, petit rendement est synonyme de petit revenu.

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Lors des vendanges, il est recommandé de bien noter le rendement de chaque parcelle.
Lors des vendanges, il est recommandé de bien noter le rendement de chaque parcelle. - © C. de Nadaillac

Quel est le contexte de départ ?

Un vigneron en cave particulière exploite un vignoble assez âgé dans les Côtes-Du-Rhône, avec des rendements faibles et irréguliers d’une année sur l’autre. Grâce à sa réputation, il n’a en revanche pas de problème de commercialisation. Il est même en mesure d’augmenter régulièrement ses prix. Néanmoins, ses marges n’ont pas la même progression et le vigneron ne comprend pas forcément pourquoi.

Quel est le principal problème ?

Le vigneron n’a pas connaissance de son coût de production. Il n’est donc pas en mesure de fixer son prix plancher, que ce soit au global et donc encore moins cuvée par cuvée.

Nous avons dans un premier temps estimé, en fonction des données comptables disponibles, le coût de production (d’un kilo de raisin et d’un hectolitre de vin), puis nous avons réparti les coûts de matière sèche, de mise en bouteille et les coûts commerciaux. Ceci nous a donné un prix plancher à partir duquel le vigneron gagne de l’argent.
Ensuite, nous avons mis en évidence l’impact du rendement sur le coût de production par bouteille. C’est clairement un paramètre essentiel : pour des vignes en plaine, le coût de revient à l’hectare ne dépend quasiment pas du rendement, à l’exception des coûts variables vendanges et parfois de certains intrants.

Enfin, nous avons estimé les rendements moyens par cuvée pour évaluer le coût de production par cuvée. Nous avons ainsi constaté que la marge était meilleure sur le milieu de gamme que sur le haut de gamme.

Quelles sont les solutions ?

La réponse agronomique est de mettre en place des mesures pour augmenter les rendements (dans la limite des plafonds des appellations bien entendu), voire d’irriguer si l’eau est disponible. Pour cette dernière solution, on est en mesure de comparer le coût d’accès à l’eau (par forage par exemple) et les bénéfices attendus grâce à la hausse du rendement. Les autres possibilités plus drastiques sont de se recentrer sur les parcelles rentables, en diminuant la surface de l’exploitation ou en arrachant pour replanter ensuite.

D’un point de vue commercial, des hausses de prix de vente peuvent être envisagées pour les cuvées qui dégagent peu de marge en raison d’un coût de production trop élevé.

Comment mesurer l’action ?

L’estimation fine année après année des rendements par parcelle est essentielle pour mettre à jour le modèle et ainsi prendre les décisions de gestion qui s’imposent. Ceci nécessite de la rigueur pendant les vendanges, ce qui n’est jamais évident dans cette période chargée…

(1) directeur de Terroir Conseil & Performance en vallée du Rhône.

- © Infographie Réussir

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