Réussir vigne 02 août 2004 à 17h33 | Par C. G. - S. L. Q.

Réforme des AOC viticoles - En régions

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Champagne « L´AOC est un concept unique »
« Il faut sans doute réfléchir à une nouvelle segmentation de l´offre de vins mais certainement pas à une nouvelle segmentation des AOC », estime le syndicat général des vignerons de Champagne.

« L´AOC est un concept unique, clairement identifié par le consommateur. Chaque vigneron est d´ailleurs libre de le revendiquer ou pas », poursuit le syndicat qui comprend néanmoins que dans certaines régions où certains réclament un assouplissement des règles, il est plus facile de proposer la création d´une AOCE qu´un changement de catégorie. Quant à adhérer au débat sur l´AOC d´excellence ou l´AOC simple, il se refuse à poser la question. « La champagne est AOC. Un point, c´est tout. »
C.G.



Bourgogne « Il faut un cadre réglementaire strict sans dérogations »
Témoignage Damien Gachot, président de l´Union générale des syndicats de Bourgogne : « Ce qui s´est passé à l´Inao est extraordinaire. On a enfin évoqué le problème des AOC. Et je suis favorable au projet de René Renou mais il va falloir qu´on en discute sérieusement.

Il ne faut pas que le débat tombe aux oubliettes. Pour ma part, je vois cette initiative comme une possible renaissance des appellations. Et je ne crois pas, au contraire de certains, que les AOCE compliquerait plus la lisibilité du consommateur qu´actuellement. Les décrets doivent être remis à plat car ce sont eux qui amélioreront la lisibilité. Il nous faut un cadre réglementaire strict qui ne souffre pas de toutes les dérogations que l´on peut voir actuellement.
Car le vrai problème de l´agrément est le devenir des vins refusés. Donc si les décrets sont bien tenus, à quoi sert l´agrément ? Les solutions, on les connaît, mais elles sont difficiles à faire accepter. »
S.L.Q.

Anjou : non aux supers AOC, oui à l´agrément d´exploitation
«Il est clair qu´il y a un problème de qualité chez les AOC mais nous ne souhaitons pas voir se créer deux types d´AOC, explique Cyril de Héricourt, directeur de la fédération viticole de l´Anjou.

Nous préférerions garder le concept actuel tout en renforçant les contrôles. On ne peut faire l´économie d´une réflexion sur l´agrément car actuellement la démarche a ses lacunes et le coût en est exorbitant.

En tant qu´organisme agréé pour sa délivrance, nous désirons recentrer nos dépenses. » C´est dans cette optique que depuis quelques années, une vingtaine de viticulteurs de l´Anjou expérimentent l´agrément d´exploitation qui s´apparente à une qualification.

Il permet de vérifier les conditions de production aussi bien dans le vignoble que dans les chais. Cette démarche est volontaire. Mais de nombreuses contraintes ont été fixées aux viticulteurs, mettant l´accent sur la traçabilité et l´hygiène. Une réflexion écrite est également exigée sur les différents terroirs de l´exploitation.
Cet agrément d´exploitation suivi d´un contrôle par sondage sur quelques échantillons et non plus sur la totalité des vins permettrait, à terme, d´alléger la note tout en garantissant la qualité du vin. « Nous ne nous inscrivons donc pas dans la démarche de l´Inao, indique Cyril de Héricourt. Nous nous recentrons sur l´amont de la production. Sans imposer quoi que se soit. Nous désirons conserver pour le moment l´aspect pédagogique de la chose car nous savons que les petites exploitations ne peuvent y répondre, tout du moins pour le moment. »
S.L.Q.
Les côtes du rhône renforcent l´agrément actuel
Le syndicat des vignerons des Côtes du Rhône table sur un renforcement des dégustations d´agrément et du contrôle des conditions de production à la parcelle pour garantir la qualité et la typicité de ses vins.

Le Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône, qui se mobilise pour mieux garantir la qualité et la typicité de ses vins, ne voit pas la nécessité de réformer l´agrément en profondeur. « Plutôt que de le remettre en cause, nous préférons lui donner tous les moyens nécessaires pour démontrer qu´il est opérationnel, explique Francis Fabre, le directeur.

Si nous échouons, alors il sera toujours temps de le faire évoluer. » Les dégustations d´agrément restent donc un maillon essentiel du dispositif, mais avec une professionnalisation du corps de dégustateurs. Depuis trois ans, les 800 dégustateurs sont ainsi régulièrement testés par le biais d´échantillons tests, glissés dans les séries d´agrément.
« Nous avons maintenant une idée très précise de la qualité de jugement de chacun d´entre eux, poursuit Francis Fabre. Les moins performants sont orientés vers des formations à la dégustation ou éliminés. » Les nouveaux jurys triés sur le volet devraient faire leurs preuves sur le prochain millésime.

Autre maillon fort du dispositif : le contrôle des conditions de production à la parcelle. Le syndicat table sur un auto-contrôle professionnel, « car les moyens de l´Inao n´y suffisent pas ». Sur la campagne 2003, 5 401 parcelles ont ainsi été visitées, soit près de 5 % du vignoble. Ces parcelles sont d´abord évaluées par un technicien puis, si elles posent question, par une commission professionnelle composée de trois personnes, vignerons ou techniciens, extérieures au département. En 2003, 5 % des parcelles visitées, ont été mentionnées comme non conformes, pour mauvais entretien (ceps manquants) ou rendement excessif. Si les exploitants concernés n´ont reçu qu´un simple avertissement, cette année l´Inao proposera le déclassement de la parcelle pour la campagne.
Les contrôles devraient cependant débuter dès le stade fermeture de la grappe, de façon à laisser à l´exploitant la possibilité d´effectuer une vendange en vert en cas de rendement excessif. Il n´est pas exclu que de nouveaux critères, notamment environnementaux, viennent se rajouter dans les années à venir.

Un tel dispositif coûte cher. « Mais tout est relatif, juge Francis Fabre, cela ne coûte pas plus cher que trois ou quatre pages de publicité dans certains médias. C´est avant tout une volonté politique. »
Catherine Bioteau
Alsace : de la difficulté d´agréer à un coût acceptable
Comment réformer l´agrément pour le rendre acceptable financièrement tout en conservant une efficacité certaine ? Telle est la question qui se pose à l´Ava (Association des viticulteurs d´Alsace).

Les modifications apportées à ce jour à cet agrément sèment pourtant le trouble chez les oenologues. Pour des raisons de coût et de nombre d´analyses (jusqu´à 14 000 par an), l´Ava a du modifié son règlement intérieur. Désormais, seuls deux vins différents par cave sont dégustés et analysés et suffisent à l´obtention d´un agrément pour l´ensemble de l´exploitation, alors qu´auparavant les sept cépages alsaciens étaient individuellement concernés.
« Des canards boiteux peuvent passer à travers les mailles du filet et l´inquiétude est là, surtout pour les négociants, indique Pierre Sibille de l´association régionale des oenologues. Nous souhaitons être consultés et participer aux réunions techniques. » Et plutôt que de réduire le nombre de vins par cave analysés, les oenologues proposent de réduire le nombre de critères d´analyse et les faire passer de 8 à 2 : le SO2 total et l´acidité volatile.

Les autres critères pouvant être « appréciés à la dégustation ». Ce qui permettrait de déguster et d´analyser l´ensemble des vins alsaciens. Mais pour Jean-Paul Goulby, directeur de l´Association viticole d´Alsace, cette proposition n´est pas envisageable car « cinq critères sont incontournables et obligatoires d´un point de vue législatif. D´un autre côté, nous travaillons sur un contrôle des conditions de production qui justifierait alors pleinement la réduction du nombre d´analyses. C´est pourquoi, l´exemple de l´Anjou est très prometteur et je pense que nous nous dirigeons vers un agrément d´exploitation qui respecterait toutes les règles techniques et d´hygiène ».
Steven Le Quellenec

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