Réussir vigne 08 novembre 2010 à 11h03 | Par M. IVALDI

REFORME DES AOC - La certification des contrôles en question

L’Inao serait-il devenu “ une machine à produire de la norme ” ? Les professionnels dénoncent sa dérive technocratique entraînant une lourdeur des contrôles. Voire une possible évolution de l’inspection vers la certification.

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SIMPLIFICATION DES PROCEDURES,
question de cout ; certains ODG pourraient être tentés par la voie de la certification pour l’application de leur plan de contrôle.
SIMPLIFICATION DES PROCEDURES, question de cout ; certains ODG pourraient être tentés par la voie de la certification pour l’application de leur plan de contrôle. - © P. Cronenberger
La question résonne avec une certaine actualité : y aurait-il des conflits d'intérêts au sein du CAC (Comité des agréments et des contrôles), structure mise en place au sein de l'Inao, lors de la réforme des signes de qualité et de l'origine et chargée notamment de valider les plans de contrôle proposés par les ODG (Orga- nismes de gestion). Pour la Cnaoc (Confé- dération nationale des producteurs de vins à AOC), la réponse ne fait pas de doute : " Les organismes de contrôle qui siègent au CAC et en particulier, les organismes de certification (OC) sont à la fois juges et parties. Ces OC sont avant tout des sociétés privées dont l'objectif est de gagner de l'argent. Plus elles auront à contrôler, plus elles gagneront de l'argent. Sauf qu'elles participent à l'approbation des plans de contrôles. C'est une situation ubuesque. Le
contrôle est en train de devenir un business. "
Pour Gérard Boesch, vice-président de la Cnaoc, il est grand temps de changer et la composition et le fonctionnement du CAC. " Sinon, nous allons tout droit vers une approche tatillonne, technocratique et admi- nistrative du contrôle qui ne pourra être que mal comprise par les vignerons. On ne peut que constater que les représentants des orga- nismes de contrôle sont très présents dans les débats au sein du CAC, prenant 50 % du temps de parole alors qu'ils n'occupent que 15 % des sièges. " Et la Cnaoc de plaider pour que l'approbation des plans de contrôle soit de la responsabilité de l'administration de l'Inao. Ce dernier se défend en expli- quant que n'ayant plus la charge des contrôles, sa mission est de rester attentif à leur qualité et de s'assurer par là de la qualité finale des AOP et donc d'être en
mesure de contrôler les contrôleurs. De plus, " les organismes de contrôles doivent être agréés Cofrac d'ici juillet 2011. Les règles de contrôles mises en place par l'Inao permettent que cet agrément soit opérationnel ", précise Jean-Louis Buër, directeur général de l'Ins- titut. Et de rassurer les producteurs : " les règles produites par le CAC concernent les contrô- leurs : le contenu des contrôles n'a pas évolué depuis 2007 ".

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