Réussir vigne 23 mai 2006 à 15h57 | Par Claudine Galbrun

Réforme de l´OCM - Les pays producteurs de vin se mobilisent

La France, l´Espagne, l´Italie et le Portugal ont établi un mémorandum qui sera présenté à Bruxelles pour expliquer ce que doit apporter, selon eux, une réforme de l´OCM.

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Les grands pays producteurs européens de vins se veulent confiants et espèrent, dans le vent de réforme qui souffle à Bruxelles, sauver, " au moins cette fois-ci " le principe du maintien d´une OCM (Organisation commune de marché) du vin spécifique. La Commission européenne aurait eu en effet la tentation de fondre les actuelles OCM spécifiques (vin et fruits et légumes notamment) dans le chaudron de la PAC et d´appliquer le découplage des aides à ces secteurs (aide directe par hectare sans lien avec la production). " Si on mettait en oeuvre ce dispositif, cela fait un montant d´aide de 300 ?/ha et par vigneron ", indique la Cnaoc qui craint toutefois un découplage partiel qui pourrait mettre fin à la distillation alcool de bouche. " Et ceci afin d´habituer les professionnels à ce système avant de le rendre total lors de la prochaine réforme ", ajoute encore la Cnaoc.
En attendant, les quatre grands pays producteurs militent pour une réorientation des subsides européens vers des mesures structurantes pour la filière à savoir la promotion et la commercialisation. " Il faut favoriser une plus grande compétitivité de la filière communautaire. Elle ne doit pas être la variable d´ajustement du marché mondial. " Cela passe notamment par une réflexion sur les pratiques réglementaires et notamment oenologiques afin d´alléger les contraintes pesant sur les producteurs et faciliter l´adaptation à la demande. Ces quatre pays estiment également qu´il faut repenser les outils de régulation de marché et réclament davantage de subsidiarité afin de donner aux professionnels les moyens d´anticiper toute crise via une distillation de crise qui pourrait devenir obligatoire.
Les professionnels européens disent non au découplage des aides qui, selon eux, aurait un effet négatif sur l´amélioration de la qualité et la compétitivité. ©P. Cronenberger

Définir des règles d´étiquetage spécifiques par type de vins
En ce qui concerne les vins de qualité, la Cnaoc et son équivalent italien, la Federdoc ont aussi adopté une position commune. Craignant une libéralisation totale sur le secteur des vins de table (libéralisation des plantations, des conditions de production, des pratiques oenologiques et de l´étiquetage), les deux organisations rappellent la nécessité de préserver l´authenticité du vin et donc " toute dérive de l´OCM allant dans le sens de l´uniformisation ". Ce qui revient selon elles, à encadrer les pratiques oenologiques et à pouvoir en interdire l´usage de certaines pour les VQPRD. Restrictions volontaires qui pourraient être compensées par des aides à la promotion supérieures. Et ce qui nécessite la définition de règles d´étiquetage spécifiques par type de vins en interdisant par exemple, la mention du cépage sur les vins de table sans indication géographique et en réservant les mentions valorisantes aux seuls VQPRD.

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