Réussir vigne 15 avril 2015 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

Quatre fermes Dephy diminuent les IFT de 20 à 60 %

Le nouveau plan Ecophyto vise une diminution de 25 % de l’utilisation des produits phytosanitaires en 2020 et de 50 % d’ici 2025. Ce plan est ambitieux, mais pas irréalisable. La preuve avec ces quatre viticulteurs, engagés dans le réseau des fermes Dephy, qui sont entre 20 et 60 % en dessous des moyennes de leur région.

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Yannick Babin effectue ses quatre premiers traitements avec ce pulvérisateur Dhugues à jets projetés équipé de panneaux récupérateurs.
Yannick Babin effectue ses quatre premiers traitements avec ce pulvérisateur Dhugues à jets projetés équipé de panneaux récupérateurs. - © P. Cronenberger

Un indice de fréquence de traitement (IFP) total de 7,9. Tel est le résultat auquel est parvenu Yannick Babin, chef de culture au domaine de l’Été (Concourson-sur-Layon, Maine-et-Loire) en 2014. Et pourtant, l’année ne se prêtait pas à un résultat aussi bas. Il faut dire qu’il y met les moyens. Si pour lui, le moteur principal est la volonté, la technique est indispensable. Le domaine a d’ailleurs beaucoup investi au cours des cinq dernières années. « En 2009, nous avons acheté un pulvérisateur pneumatique face par face Nicolas, en 2010 un Greenseeker, en 2011 des interceps à lames Braun et en 2013 des panneaux récupérateurs, indique le chef de culture, ça peut paraître lourd, mais il y a un bon retour sur investissement. J’économise cent euros de produits phytosanitaires par hectare sur la campagne. » Et sur la propriété de 55 hectares, l’amortissement se montre rapide. Pour lui, les contraintes liées à la démarche Dephy existent mais sont faibles ; il suffit juste de mieux s’organiser. D’ailleurs, il dispose du soutien d’un conseiller technique, ce qu’il trouve appréciable.

Un IFT sur mildiou et oïdium divisé par deux

Sur les quatre premiers passages de la campagne, Yannick Babin utilise un pulvérisateur Dhugues à jets projetés avec panneaux récupérateurs. Grâce à cela, il a divisé ses IFT sur mildiou et oïdium par deux (2,3 pour chacun des deux pathogènes en 2014). « On ne fait que deux rangs à la fois, mais on remplit moins souvent et on roule à 7 km/h, contre 5,5 avec le pneumatique. En plus, je trouve l’application meilleure », assure-t-il. Les traitements suivants, en pleine végétation, sont réalisés au pulvérisateur pneumatique équipé de descentes face par face. Il attend d’ailleurs un nouvel appareil Chabas doté d’une technologie électrostatique qui lui permettra de réduire la dérive et les pertes au sol. Au total, en 2014, il a réalisé sept anti-mildiou et sept anti-oïdium. En plus de réduire les volumes de bouillie, Yannick Babin diminue également les concentrations de produits, en utilisant l’outil en ligne Optidose. Et cela ne se fait pas, selon lui, au détriment de la qualité. « Je ne vois pas de différence par rapport à des doses pleines. D’ailleurs, mes rendements ont toujours été au rendez-vous alors qu’en 2014 je n’ai pas fait un seul traitement en dose pleine », confie-t-il.

Plus d’anti-botrytis et des traitements insecticides à minima

Yannick Babin a arrêté l’utilisation des anti-botrytis depuis 2007. À la place, il enherbe pour maîtriser les rendements et a investi dans une effeuilleuse. Ces mesures sont suffisantes pour gérer le risque de pourriture dans ses parcelles. Pour la lutte contre les insectes, il réalise des comptages de pontes pour les vers de grappe et ne traite que si nécessaire. En 2014, ça lui a permis de faire l’impasse sur ce traitement. Il a également installé des nichoirs à mésanges et à chauve-souris, ainsi que des haies à auxiliaires. « On ne peut pas quantifier l’effet de ses mesures, mais cela s’inscrit dans une démarche globale, convient-il, il faut mettre toutes les chances de son côté » Au cours de la dernière campagne, il n’a réalisé qu’un seul passage pleine dose sur la moitié des parcelles pour lutter contre la cicadelle.

Un entretien du sol peu commun

Pour l’entretien du sol, le chef d’exploitation fourni tout autant d’efforts. Il a arrêté cessé d’utiliser des herbicides de prélevée en 1997. Il travaille un rang sur deux entièrement, avec actisol et lames interceps, le second étant enherbé et désherbé chimiquement sous le rang (glyphosate/aminotriazole). Pour le désherbage, il utilise le Greenseeker d’AvidorHighTech, un boîtier optique qui repère la présence ou non d’adventices et ne pulvérise que lorsque c’est nécessaire. « Ce matériel fournit de bons résultats, pour un investissement plutôt faible (5200 euros). Là où je faisais 2,5 hectares avec ma cuve de 120 litres, aujourd’hui j’en fais 4 », indique-t-il. Yannick Babin expérimente également un nouveau couvert végétal, il a semé de l’avoine sur une quinzaine d’hectares. Les premiers résultats se montrent bons pour lutter contre l’érosion et pour augmenter l’activité biologique du sol.

Repères

. IFT de référence Val de Loire (2010) : 13,5.

. Son IFT en 2013 : 6,9. Soit une baisse de 49 %.

. Son IFT en 2014 : 7,9. Soit une baisse de 41 %.

. Sa méthode :

- Entretien du sol : Travail du sol intégral un rang sur deux, enherbement avec désherbage chimique par tâches automatisé sur la ligne des souches sur le second rang.

- Gestion des insectes : Comptage des pontes, haies auxiliaires, nichoirs. Entre 0 et 1 insecticide par an selon les parcelles.

- Gestion du botrytis : Effeuillage et maîtrise des rendements.

- Gestion du mildiou et de l’oïdium : Quatre premiers passages avec panneaux récupérateurs. Baisse de la concentration de bouillie sur toute la campagne, plus ou moins importante en fonction du stade végétatif et de la pression.

- © P. Cronenberger

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