Réussir vigne 05 mars 2003 à 13h09 | Par Julien Huchette

Produits phytosanitaires - Vers une liste positive des mélanges homologués

Les mélanges sont en passe de trouver un cadre légal. Une liste positive des mélanges homologués va être élaborée. Pour la vigne, cela représente de très nombreux dossiers à réaliser.

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Les mélanges sont interdits. Ça, c´est la théorie. Car sur le terrain, les réalités sont autres : motivés par des intérêts agronomiques et économiques, les agriculteurs y ont largement recours. Après avoir envisagé la mise en place d´une liste négative (tout mélange est autorisé sauf contre-indication), le législateur a finalement opté pour la liste positive. Autrement dit : tout ce qui n´est pas autorisé est interdit. Pour ne pas se contenter de « fermer les yeux » sur une pratique désormais courante, la DGAL (Direction générale de l´alimentation) justifie son choix : « nous voulons maintenant que le lampiste ne soit plus le seul responsable en cas de problème sur un mélange », indique Yves Schenfeigel.

En effet, « aujourd´hui constate Eugénia Pomaret du service environnement de la FNSEA, si un problème survient après recours à un mélange de produits pour un traitement, la responsabilité ne repose que sur l´agriculteur ». Les mélanges qui pourront être homologués concerneront des spécialités commerciales et non pas des substances actives, ce qui va multiplier le nombre de dossiers d´homologation à réaliser. Cette demande d´homologation pourra émaner de n´importe quel organisme : firme, distributeur, institut technique... Ce travail va donc demander une grande mobilisation et une concertation entre les firmes, les instituts techniques et la protection des végétaux. « Il y aura co-responsabilité entre l´organisme qui a demandé l´enregistrement du mélange, le conseiller qui prescrira le mélange, nos services qui l´auront validé et l´applicateur qui le mettra en oeuvre », explique Yves Schenfeigel.
©D. R.

Éliminer les pratiques qui n´ont pas d´intérêt agronomique
A l´UIPP (Union des Industries pour la protection des plantes), on se veut optimiste. « Pour l´instant, l´homologation des mélanges est essentiellement administrative. La question qui reste en suspens concerne les cas, qui normalement devraient être peu nombreux, où le comité d´homologation demandera des compléments d´informations. Que demanderont-ils alors et quel en sera le coût ? », s´interroge Jacques My. « Même si au départ nous souhaitions une liste négative, nous pensons que la liste positive va dans le sens des bonnes pratiques agricoles. Elle permet d´éliminer des pratiques qui n´ont pas d´intérêts agronomiques. » Une somme de travail importante attend les techniciens. « Début février, nous allons établir la première liste en concertation avec les entreprises phytosanitaires. Dans un premier temps, les mélanges ne comporteront pas de produits commerciaux classés T ou T+, ils pourront être envisagés si on justifie leur intérêt agronomique », indique Jean-Claude Laurent de l´ITV d´Orange.

A l´heure actuelle aucune échéance n´est fixée pour le dépôt des dossiers mais la liste des mélanges autorisés sera de toute façon revue régulièrement en fonction des besoins de la viticulture, des nouvelles spécialités présentes sur le marché et des stratégies commerciales des firmes phytopharmaceutiques.

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