Réussir vigne 25 juin 2001 à 15h36 | Par Catherine Bioteau

Production viticole - Un service Faure, Eco-Diatos valorise les terres

L´entreprise Faure, dans le Vaucluse, vient de mettre en place un système de collecte des terres de filtration pour les valoriser en acide tartrique et compost agricole.

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L´entreprise Faure, déjà spécialiste du recyclage des solutions de détartrage depuis 1992, a mis en place fin 2000 un procédé de récupération des terres de filtration usagées (kieselguhr et perlite). L´objectif est d´éviter leur mise en décharge en récupérant les sels tartriques qu´elles renferment et en valorisant le reste en compost, ou plus précisément en co-compost agricole. Le procédé a été baptisé Eco-Diatos. Faure en assure la logistique et met à disposition des caves des caisses palettes hermétiques pour stocker les terres usagées. Ces pallox, en matière plastique d´une contenance d´environ 500 kg, sont récupérés lorsqu´ils sont pleins et expédiés par Faure chez un prestataire italien qui assure l´extraction des sels tartriques et le co-compostage. Les sels tartriques extraits sont ultérieurement transformés en acide tartrique et bitartrate de potasse pour commercialisation. Le reste des terres est valorisé par compostage après mélange avec d´autres déchets (déchets verts, mélasses de distillerie, résidus de fabrication d´acide tartrique...).
Adopté par une cinquantaine de caves
La valorisation des terres collectées n´est cependant pas suffisante pour couvrir les frais de logistique liés au transport des pallox. Les terres renferment "de l´ordre de 0,5 à 4 % maximum de sels tartriques, précise Jacques-Emmanuel Barbier, onologue chez Faure, exception faite pour les filtrations faisant suite à un passage des vins au froid, qui montent à 10 %." Le procédé Eco-Diatos a donc un coût pour les caves qui l´adoptent, de l´ordre de 500 à 600 francs en moyenne la tonne de terre usagée (soit quelques dizaines de centimes par hectolitre de vin filtré). Le prix exact est fixé en fonction de plusieurs paramètres comme le volume de terre retraité ou la région viticole concernée ou encore, et c´est le paramètre principal, leur richesse en acide tartrique.
En France, une cinquantaine de caves, des coopératives et des négoces pour les deux tiers, ont adopté le procédé Eco-Diatos depuis quelques mois. Leur motivation est triple, selon Jacques-Emmanuel Barbier : éviter de rejeter les terres polluantes, continuer à amortir les filtres à diatomées et satisfaire aux exigences des clients, de plus en plus attentifs aux questions environnementales. Faure fournit des documents administratifs attestant que les terres ont bien été enlevées pour valorisation.
Trouver des valorisateurs
En 2000, 250 tonnes environ ont ainsi été collectées dont 50 % en Champagne et 25 % dans les Côtes du Rhône. Des entreprises ont déjà pris le relais dans certaines régions comme les Etablissements Paetzold dans le Bordelais, Thiebaux en Champagne et AVB en Alsace. A l´avenir, annonce Jacques-Emmanuel Barbier, "le système pourrait évoluer en France, si nous trouvons des partenaires valorisateurs intéressés, ce qui n´était pas le cas jusqu´à l´an dernier. Nos partenaires italiens y ont cru et ont investi pour ce faire." La limite de cette voie de valorisation serait plutôt la richesse tartrique des terres. "Les terres de richesse inférieure à 3 % ont peu d´intérêt, précise l´onologue. Mais nous manquons encore de recul pour prévoir les volumes qui pourront être valorisés à l´avenir par le procédé Eco-Diatos."
Site de compostage de diatomées en Italie ©FAURE

Site de compostage de diatomées en Italie
Après extraction des sels tartriques qu´elles renferment, les diatomées sont mélangées à d´autres déchets végétaux et deviennent compost agricole.

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