Réussir vigne 08 décembre 2003 à 11h23 | Par Catherine Bioteau

Pratiques oenologiques raisonnées - Terra Vitis teste son cahier des charges « oenologie »

L´association Terra Vitis expérimente cette année un cahier des charges assurant la traçabilité à la cave et le raisonnement des pratiques oenologiques. Celui-ci pourrait être opérationnel pour les vendanges 2004.

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Les 907 adhérents de Terra Vitis, déjà adeptes de la viticulture raisonnée, ont pu tester pendant les vinifications 2003 une « première mouture » de ce qui pourrait bien devenir leur cahier des charges « production oenologique raisonnée ». « Nous avions déjà mis en place une traçabilité au vignoble, il nous semblait logique de la continuer au chai, explique Bernard Mathieu, président de l´association et vigneron dans le Beaujolais. ll nous fallait également commencer à cadrer les pratiques oenologiques. » Le document se compose d´une trame nationale commune et de compléments régionaux plus spécifiques. Pour l´élaborer, Terra Vitis s´est appuyé en partie sur le référentiel national « pratiques oenologiques intégrées », mis au point par l´ITV. « Nous l´avons clarifié et rendu plus pratique tout en l´adaptant aux objectifs premiers de Terra Vitis, à savoir le respect de l´environnement et des consommateurs », explique Jean-Henri Soumireu, animateur de l´association.

Pas de ferrocyanure ni d´OGM
Pas question cependant d´imposer un cahier des charges trop élitiste, avec des techniques pointues ou trop coûteuses. Ce premier « carnet oenologique » n´est volontairement pas très lourd. Il n´interdit qu´un seul produit : le ferrocyanure de potassium (utilisé pour pallier les excès de fer et de cuivre), jugé « trop toxique et dangereux » et exige l´absence d´OGM. Tous les autres traitements sont autorisés, mais doivent être justifiés soit par une analyse, soit par une dégustation. « Le but est simplement d´amener les vignerons à se poser la question de l´utilité de chaque traitement, pour ne pas faire du systématique », justifie Bernard Mathieu.

Vers une certification des exploitations
Pour le reste, les adhérents sont invités à user de pratiques plus économes en eau et en électricité et doivent respecter la législation en matière d´hygiène, d´effluents mais aussi de traçabilité. Cahiers et registres doivent être tenus à jour, ce qui n´est pas toujours une mince affaire. « Pendant les vendanges, il faut être partout. Ce n´est pas facile de relever sur un papier les températures et les densités des cuves quand on est en train de faire un remontage et qu´on a les mains mouillées, concède Bernard Mathieu. Il faut être motivé mais on y arrive. » D´autant plus qu´à court terme, cette traçabilité intéresse les acheteurs et qu´à plus long terme, elle devrait renseigner les vignerons sur l´intérêt des techniques utilisées.
Reste à trancher le problème de la certification de ce nouveau cahier des charges. Les adhérents sont déjà contrôlés une fois par an, en été, par le Bureau Véritas ou l´Afaq, pour le respect du cahier des charges viticole. Un deuxième contrôle est difficilement envisageable pendant la période surchargée des vendanges et des vinifications, sans compter qu´il coûterait cher aux adhérents.

Le contrôle actuel représente déjà 80 % de la cotisation des vignerons, estimée, à la louche, à 300 à 700 euros/an selon la taille des exploitations et la région viticole. « Nous réfléchissons à un contrôle unique des deux cahiers des charges en été, indique Jean-Henri Soumireu. Il certifierait la viticulture de l´année en cours et validerait la vinification et l´élevage du millésime précédent. » Une cuvée pourrait donc être vendue et bue avant d´avoir été complètement certifiée. « Dans ce cas, confirme l´animateur, nous serions effectivement amenés à certifier une exploitation pour une année donnée et non plus les produits. »
Le bilan de cette première utilisation du cahier des charges expérimental devrait être effectué cet hiver à Terra Vitis pour, au mieux, être opérationnel lors des vendanges 2004. Les premières certifications officielles ne devraient dont pas se faire avant l´été 2005.

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