Réussir vigne 06 août 2007 à 17h17 | Par Claudine Galbrun

Pink attitude - Comment surfer sur la vague rose au Royaume-Uni

Le vin rosé est en vogue au Royaume-Uni. A la France de jouer sa carte marketing, selon Viniflhor.

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société de conseil en exportation des vins, une étude sur le marché des vins rosés au Royaume-Uni. " Ce sont aujourd´hui les vins rosés qui font le dynamisme du marché britannique ", constate Viniflhor. La consommation de ces vins est en forte hausse : 2,5 % en 2000, 7,2 % en 2005. Et les perspectives de croissance seraient comprises entre 15 et 25 % par an. Les groupes internationaux ne s´y trompent pas et ont fait du Royaume-Uni en matière de vins rosés leur première cible. Les Américains en sont pour l´instant les leaders avec 62,3 millions de bouteilles vendues en 2006, sur un total de 120 millions. La France pour laquelle le Royaume-Uni est son troisième marché d´exportation en vins rosés n´est qu´en seconde position avec 17,6 millions de bouteilles.
Mais au final, plus de 60 % du marché des vins rosés en Grande-Bretagne est approvisionné par les vins du Nouveau Monde. La croissance de ce marché des vins rosés a donc été largement stimulée par les Américains qui ont bien su saisir la demande des consommateurs britanniques pour des vins rosés très sucrés. " Les habitudes de consommation des Britanniques en matière de vins rosés sont plutôt transgressives, puisqu´ils sont 48 % à apprécier des vins medium sweet soit contenant plus de 20 grammes par litre de sucre résiduel ", notent les auteurs de l´étude constatant par ailleurs que les vins rosés de Provence n´ont pu, jusqu´à présent, prendre pied sur le marché anglais du fait justement de leur très faible teneur en sucre résiduel.
Le consommateur britannique apprécie les vins très sucrés ©medium sweet à plus de 20 g/l de sucre résiduel mais la demande est en train d´évoluer vers les vins dry ©de 3 à 9 g/l. ©P. Cronenberger

La grande distribution britannique à la recherche de vins qualitatifs
Les choses pourraient changer puisqu´aujourd´hui, la demande évolue vers la gamme des vins dry (de 3 à 9 g/l). Mais une teneur en sucre idéale ne suffit pas, comme le montre l´exemple des rosés d´anjou qui n´ont jamais percé en Grande-Bretagne, faute d´une dynamique de marque suffisante. " Car le marché des vins rosés au Royaume-Uni est sous la domination des grandes marques. Onze marques font 50 % des volumes ", indique l´étude. Gallo, à lui seul, détient 22 % des parts de marché (26 millions de bouteilles). " Toutes les grandes marques internationales (à l´exception de l´Australienne Jacob´s creek qui accuse sur ce marché un net retard avec seulement 1,8 % de parts de marché) ont développé une gamme de vins rosés et certains pays peuvent facilement accroître leur production de vins rosés puisqu´ils s´autorisent le mélange de vin blanc et de vin rouge. Ce qui reste interdit en France.
L´Afrique du Sud, par exemple, a pu ainsi profité de cette vogue pour les vins rosés à partir de son vignoble de raisin blanc. Cette auto-censure française mériterait une discussion au sein de la filière ", indique Viniflhor. Ces grandes marques internationales sont bien évidemment présentes au sein de la grande distribution qui commercialise 69 % des volumes. Mais les promotions constituent un passage obligé pour exister en GMS : deux tiers des ventes sont réalisées en promotion.
Toute stratégie marketing doit intégrer un programme de promotions lourd
Toutes les grandes marques réalisent au moins six actions promotionnelles par an ou assurent une promotion tournante permanente en mettant en avant un cépage différent. Le constat est net : toute stratégie marketing doit intégrer un programme de promotions lourd. A noter toutefois, le développement de la consommation de vins rosés dans les chaines de pubs, un marché qui de plus est prescripteur mais dont l´approvisionnement aujourd´hui est assuré à 40 % par une filiale du géant Constellation, Matthew Clark. " Pour satisfaire cette clientèle des pubs, il faut savoir qu´elle ne met pas de limite à ces habitudes transgressives de consommation. Tout est possible, tous les assemblages même les plus audacieux. A tel point que Matthew Clarke aurait le projet de proposer un chardonnay dans les trois couleurs ! ". Même si la France n´a pas de grandes marques connues et reconnues, elle a pourtant des atouts, estime Viniflhor, car la grande distribution britannique est à la recherche de vins qualitatifs qui lui permettraient de sortir de la " grosse cavalerie Gallo ".
" La GMS souhaiterait pouvoir disposer d´une bannière rosé de France. Un tel identifiant aurait un potentiel extraordinaire d´autant plus que le consommateur britannique est sensible à la qualité des vins français ". Et puis au niveau des prix de détail, les vins français sont compétitifs vis-à-vis de leurs homologues du nouveau monde, sachant que 63 % des volumes vendus le sont à un prix compris entre 3,5 et 5 livres par bouteille. Si l´on excepte toutefois certaines AOC comme bordeaux et la Provence. Les vins de Loire vendus en moyenne à 3,40 livres pourraient parfaitement être concurrentiels s´ils disposaient d´un réel concept marketing. " Les rosés français qui proposent de plus une diversité extraordinaire ont les moyens de résister aux stratégies marketing des groupes internationaux et aux offres bon marché de l´Italie et de l´Espagne. Le potentiel est énorme. La difficulté réside dans la capacité des opérateurs à capter cette croissance ".

©Source : Agrex

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