Réussir vigne 06 février 2004 à 12h05 | Par Catherine Bioteau

Oenologie - Des souris pour mesurer les risques d´allergie liés à la consommation de vins collés

Des souris servent de cobayes pour mesurer les risques d´allergie liés à l´ingestion de vins collés avec des protéines susceptibles d´être allergènes.

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Peut-on être faire une réaction allergique en buvant du vin collé avec des protéines potentiellement allergènes ? La question se pose d´autant plus que la réglementation européenne va prévoir l´obligation de mentionner sur les étiquettes la présence possible d´allergènes dans le vin, comme les produits à base d´oeuf, de poisson, de lait, de gluten, de sulfites... En l´absence de données et de cas avérés sur les hommes, la réponse pourrait être fournie dans le courant de l´année... par des souris. Une expérimentation est en effet en cours à l´Institut national agronomique de Paris Grignon pour étudier les éventuelles allergies aux résidus de colles protéiques de ces petites bêtes. Il s´agit de vérifier si les colles protéiques perdent ou non leur caractère allergène lorsqu´elles se retrouvent sous forme de traces dans un milieu alcoolisé riche en polyphénols.
« La première étude porte sur les risques d´allergie à l´ovalbumine, à la colle de poisson et à la caséine, rapporte Caroline Lataste qui suit le dossier à l´ITV. Le but est de travailler sur des souris reconnues allergiques à ces colles, pour vérifier si elles réagissent ou non à des vins collés. »
©D. R.


Deux souches de souris ont donc été sélectionnées, qui réagissent à la fois après une injection intrapéritonéale de l´une des trois colles et après l´ingestion des mêmes colles. Elles ont alors ingéré, ou reçu par injection, différents vins collés (un chenin et un sauvignon collés à la colle de poisson (2 g/hl) et à la caséine (50 et 100 g/hl), et un cabernet franc traité à l´albumine), avec ou sans lies de colle. Les souris n´ont cependant pas eu droit au vin mais seulement à un extrait lyophilisé et désalcoolisé car « elles réagissent trop à l´alcool, précise Caroline Lataste, on préfère commencer avec un modèle simple ». Pour l´heure, l´observation des premières souris et le dosage des anticorps dans leur sang est en cours de réalisation, aucun résultat validé n´a encore été obtenu, « mais le modèle fonctionne, nous allons pouvoir multiplier les essais à l´avenir ».
Pas question de mener la même expérimentation sur des humains, vu les risques encourus. Par contre des dosages d´anticorps seront effectués sur des sérums humains. Les résultats finaux sont prévus pour 2007.

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