Réussir vigne 20 février 2002 à 17h35 | Par Catherine Bioteau

Mise en garde de la DGCCRF - Où s´arrêtent les pratiques onologiques ?

La liste des pratiques onologiques autorisées s´allonge depuis dix ans. Ce n´est pas forcément un bon choix pour Alain Chatelet de la DGCCRF(1).

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«La montée en puissance de viticultures dites du Nouveau Monde avec des approches pragmatiques et l´évolution des technologies, conduisent à une inflation de demandes de nouvelles pratiques ou traitements pour obtenir du vin », a indiqué Alain Chatelet, chef de la mission d´enquête vins et spiritueux à la DGCCRF, lors de la conférence Euroviti du Sival(2). « La question qui se pose maintenant est : où s´arrêter pour que l´on puisse encore dire qu´il s´agit de vin ? ».

Au nom du principe de la rentabilité
Autrefois la réglementation était basée sur le fait qu´on ne pouvait ajouter au vin que ce qu´il contenait naturellement. A ce principe, se substitue celui de l´efficacité et de la rentabilité : « qu´importe la manière, seul le résultat compte, et au moindre coût, dans la mesure où ces pratiques ne sont pas nuisibles pour la santé ».
Pour Alain Chatelet, cette tendance à la fuite en avant technologique a quelque chose de paradoxal à une époque où pour les autres produits de l´agro-alimentaire, on revient à plus de simplicité et de naturel, « après bien des errements productivistes qui ont parfois conduit à des catastrophes sanitaires ou économiques ». Et de se demander si on n´arrivera pas un jour à une conception purement industrielle du vin, où le raisin ne sera plus l´élément principal.
Faut-il alors renoncer à certaines pratiques au détriment peut-être des coûts de production ou de la régularité d´une année sur l´autre ? « Il y aura des choix stratégiques à faire, estime Alain Chatelet, au niveau des AOC et des vins de pays ». Et d´ajouter : « Quels que soient ces choix, il ne faudra pas oublier que ce qui fait la qualité des vins, c´est le raisin. C´est lui qui devrait avant tout susciter réflexion et effort. »

(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
(2) A Angers le 17 janvier dernier.

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