Réussir vigne 17 janvier 2018 à 08h00 | Par Clara de Nadaillac

Mildiou : dur de se passer de cuivre en viticulture biologique

Quelles sont les alternatives au cuivre disponibles ? C’est la question qui est dans tous les esprits des vignerons bio, et à laquelle l’Inra a tenté de répondre durant 24 mois, à la demande de l’Itab. Et sans surprise, elles ne sont pas nombreuses.

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Mardi 16 janvier, les experts de l'Inra ont fait le point sur les alternatives au cuivre disponibles.
Mardi 16 janvier, les experts de l'Inra ont fait le point sur les alternatives au cuivre disponibles. - © C. de Nadaillac

« L’accumulation du cuivre dans les horizons superficiels du sol pose problème, a planté Didier Andrivon, pilote scientifique Inra de l’Esco, lors du colloque de restitution de l’expertise scientifique sur « Peut-on se passer du cuivre en protection des cultures biologiques ? ». Cela a des impacts aigus ou chroniques, tant sur la microflore du sol, que sur sa microfaune. »

Dès lors, afin de diminuer les doses, les experts ont identifié plusieurs leviers, ayant un niveau de rupture plus ou moins fort par rapport au « standard actuel ». À commencer par l’utilisation de produits biocontrôle et d’OAD, de type Mildium, permettant une gestion optimale de la protection phyto. Mais là où le bât blesse, c’est qu’il n’existe pas de produits de biocontrôle efficace et autorisé contre le mildiou de la vigne.

Extraits de plantes et huiles essentielles

Dans l’hypothèse d’une substitution partielle du cuivre, les vignerons pourront employer des substances naturelles biocides et des stimulateurs de défenses naturelles des plantes (SDP). Dans la première catégorie, les experts citent la prêle, les extraits d’écorce de saule, l’ortie, les lécithines, ou encore les préparations à base d’huile essentielle d’agrumes. Ces dernières sont d’ailleurs les seules à être commercialisées (Essen’Ciel, Limocide, Prev-Am).

D’autres substances telles que les huiles essentielles de thym, les extraits de yucca, d’ail, de sauge officinale, de réglisse, de margousier, les huiles végétales, ou encore les lipopeptides bactériens semblent donner de bons résultats, mais ne sont pas homologuées en France.

Heureusement, la catégorie des SDP est plus fournie. L’Inra a recensé plusieurs substances actives ayant une efficacité en conditions de production : l’acide béta-aminobutyrique, le chitosane, le COS-OGA (distribué par Syngenta), l’extrait de penicilium, les rhamnolipides et les parois de levures (autorisation de mise en marché obtenue par Agrauxine).

Éliminer la litière par ramassage

Enfin, si le cuivre venait à totalement disparaître de la pharmacopée disponible, le vigneron devrait, en plus de tout cela, opter pour des variétés résistantes, un mode de conduite prophylactique, comprenant une taille plus aératrice et une élimination des litières infectées de spores par ramassage.

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