Réussir vigne 14 juillet 2004 à 17h07 | Par Steven Le Quellenec

Lutte contre le gel - Des câbles électriques qui valent la chandelle

Un dispositif de lutte contre le gel constitué de câbles électriques chauffants a séduit des grands crus de Chablis. L´investissement est lourd mais la protection est assurée à hauteur de 95 %.

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Testés depuis sept ans dans le Chablis mais également en Champagne, les câbles électriques chauffants pour lutter contre le gel ont obtenu des taux de protection meilleurs que les systèmes classiques (brasero, bougies, aspersion). Ils sont fixés le long du fil de palissage sur lequel les baguettes et surtout les bourgeons sont alignés. Ce système de lutte peut donc nécessiter des adaptations de taille (guyot simple ou double, cordon de Royant) car les câbles diffusent un flux de chaleur sur un rayon de 5 à 10 cm. Mais, si le palissage est bien effectué, la protection avoisine les 95 %. Leur température est comprise entre 28 et 30ºC et leur démarrage est automatique dès que la température extérieure descend à 4ºC.

Cette anticipation du gel permet de faire baisser l´hygrométrie, facteur accélérant le gel, autour des bourgeons. L´énergie dégagée est de 12 W/m. Les câbles sont conçus par la société Technitrace et sont constitués d´un fil résistif en cuivre/nickel, d´une gaine en PVC, d´un fil de contrôle et d´une gaine extérieure en polyéthylène résistante aux UV. Ces câbles ont l´avantage de ne pas provoquer de chute de tension en ligne, d´être sécurisé contre l´électrocution et d´être facilement réparable en cas de coupe indélicate lors de la taille ou de la vendange.
©S. Le Quellenec


Des coûts de fonctionnement réduits
Alliant protection des vignes et de l´environnement, cette solution a séduit 2 grandes maisons de Chablis (William Fèvre et Albert Bichot) qui l´ont testé et mis en oeuvre avec l´aide d´EDF sur les parcelles de leurs grands crus. Car les câbles nécessitent un investissement conséquent que les propriétaires ne peuvent se permettre ailleurs que sur des vins à haute valeur ajoutée. Cet investissement avoisine les 35 000 ?/ha et comprend : les câbles eux-mêmes (de 1,10 à 1,50 ?/m), des armoires de contrôle pour chaque parcelle et l´installation d´un transformateur à proximité pour pouvoir délivrer l´électricité nécessaire (400 V). Mais le coût de fonctionnement étant relativement faible (2000 ? d´abonnement EDF et seulement 500 à 700 ? d´électricité consommée par an pour 1,5 ha) et l´efficacité étant au rendez-vous, les propriétaires ne regrettent pas leur choix : « En utilisant des braseros, on pouvait consommer jusqu´à 2000 litres de fioul par nuit, sans compter nos hommes qui devaient être d´astreinte pendant, au moins, tout le mois d´avril. De plus, en 2003, alors que les pertes dues au gel étaient en moyenne de 50 %, nous avons préservé la quasi-totalité de notre récolte ».

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