Réussir vigne 10 juillet 2018 à 23h00 | Par Xavier Delbecque

Les tromperies sur l'origine des vins dénoncées au grand jour

Un rapport de la DGCCRF met en lumière des fraudes sur l'origine des vins, notamment sur ceux venant d'Espagne.

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Sur certains Bib, l'origine du vin est indiquée sous la poignée, comme a pu le constater la DGCCRF lors de son enquête.
Sur certains Bib, l'origine du vin est indiquée sous la poignée, comme a pu le constater la DGCCRF lors de son enquête. - © J. -C. Gutner

Il faut croire que les actions coup de poing menées par le Syndicat des Vignerons Gardois (SVG) et les Jeunes Agriculteurs languedociens ont fini par porter leurs fruits. Hier, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a diffusé le résultat d'une enquête sur l'étiquetage des vins sans IG datant de 2016 et 2017, et mettant en lumière le phénomène de francisation de produits étrangers. « Dix millions de bouteilles de rosé espagnol maquillées en vin français » a immédiatement alerté Le Parisien, avant d'être rapidement suivi par l'AFP et une grande partie de la presse grand public.

Toutes les couleurs concernées

En réalité, cela ne concerne pas seulement le rosé mais toutes les couleurs. Si la DGCCRF affirme que la majorité des produits sont commercialisés avec la bonne mention d'origine, elle constate aussi que 22% des établissements contrôlés en 2016 et 15% de ceux visités en 2017 faisaient l'objet de non-conformités, allant de la présentation confusionnelle jusqu'à la francisation. Ce dernier cas pouvant représenter des volumes allant jusqu'à 34 000 hectolitres chez certains fraudeurs.

Des fraudes sur l'origine également constatées en CHR

Selon les enquêteurs, la majorité des anomalies d'étiquetage concernent une visibilité insuffisante de l'origine (sous la poignée du Bib, par exemple), et des pratiques trompeuses, comme la mention « Embouteillé en France » mise en avant, alors que celle indiquant la provenance européenne figure au dos de la bouteille. De même, ils ont constaté des non-conformités sur l'origine des vins vendus au pichet ou au verre dans les cafés, hôtels et restaurants (CHR).

« Cette révélation de tromperie au grand jour est une satisfaction pour nous, admet Anthony Bafoil, porte-parole du SVG, mais cela fait déjà deux ans que nous tirons la sonnette d'alarme, c'est long ! » De son côté, Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA et viticulteur héraultais, a indiqué à l'AFP que la baisse de la volatilité des prix et le dialogue avaient permis de faire reculer le problème, « mais qu'il fallait continuer à avoir une pression de contrôle. » « Je veux bien entendre qu'il y ait eu des améliorations, admet Anthony Bafoil à demi-mot, mais nous allons rester mobilisés. La dernière plainte que nous avons déposée ne date que de quatre mois. Tant que la fraude est rentable pour les négociants, ils continueront. Nous attendons donc des sanctions exemplaires. »

Selon la DGCCRF, les peines encourues peuvent aller jusqu'à deux ans de prison et 300 000 euros d'amende pour ce type de tromperie.

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