Réussir vigne 20 avril 2018 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

[DIAPO] Le curetage de la vigne en images

Cureter la vigne pour lutter contre l’esca est une opération qui ne s’improvise pas. Voici les explications et conseils de Marie Thibault, formatrice à la Sicavac.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
En moyenne, 95 % des pieds curetés reprennent une vie normale après. (© X. Delbecque) 1 - Bien s'équiper © Xavier Delbecque 2 - Repérer les pieds exprimant des symptômes © Xavier Delbecque 3 - Cerner les flux de sève du cep © Xavier Delbecque 3 bis - Cerner les flux de sève du cep © Xavier Delbecque 4 - Réaliser une incision et suivre la veine © Xavier Delbecque 4 bis - Réaliser une incision et suivre la veine © Xavier Delbecque 5 - Supprimer la totalité de l'amadou © Xavier Delbecque

 

Le curetage de la vigne est une pratique curative, destinée aux ceps exprimant des symptômes d’esca. Il consiste à retirer l’amadou, que l’on soupçonne d’être une source de composés phytotoxiques pour la vigne. En moyenne, 95 % des pieds ainsi traités reprennent une vie normale, jusqu’à une éventuelle re-contamination. Les vignes conduites en guyot (simple ou double) ou en taille champenoise sont les plus faciles à opérer (jusqu’à 100 ceps par jour). C’est d’autant plus aisé lorsqu’elles sont taillées de façon Poussard. Les vignes les plus âgées et celles en gobelet demandent plus de temps (environ 70 ceps par jour). Le cordon de Royat est en revanche difficile à cureter (30 ceps par jour).

 

1 - Bien s’équiper

Pour cureter, l’idéal est de disposer d’une petite tronçonneuse ayant un guide le plus court possible et pointu (style carving). Une élagueuse peut faire l’affaire, mais les modèles plus gros risquent de réaliser un travail grossier. Les tronçonneuses thermiques sont moins chères, mais aussi moins précises, plus lourdes et bruyantes. Mieux vaut opter pour une électrique avec sa batterie portable, qui sera davantage maniable. La plus pratique est le modèle de Pellenc (Selion M12), à 1 800 euros, comprenant outils et batterie. Stihl en propose également une aux alentours de 900 euros.

2 - Repérer les pieds exprimant des symptômes

Le repérage et le marquage des pieds atteints s’effectuent en été. Ensuite, le curetage en lui-même peut être réalisé en toute saison et sur des vignes de tout âge. En période végétative, il présente l’avantage de permettre au cep de se rétablir rapidement, afin de garder le potentiel productif et qualitatif dès les premières vendanges. Cela sauve également les pieds atteints d’une forme apoplectique de la maladie. En hiver, la tâche est facilitée par l’absence du feuillage et des fils. Pour Marie Thibault, plus on intervient tôt, mieux c’est. « Beaucoup de vignerons le font au fur et à mesure de l’apparition des symptômes, observe-t-elle. Ils passent généralement une fois en juillet, en août et en septembre lorsqu’ils ont du temps. »

3 - Cerner les flux de sève du cep

Avant de se lancer dans le curetage d’un pied, il faut étudier le flux de sève qui alimente le cep en périphérie. Pour cela, on peut regarder la couleur du bois, mais aussi les bourrelets qui montent de la base jusqu’aux coursons. Il ne faut pas hésiter à retirer un peu l’écorce pour mieux visualiser. Une fois les flux et le bois mort repérés, on choisit le côté à ouvrir.

4 - Réaliser une incision et suivre le filon

Pour commencer l’opération, on réalise une entaille dans le bois mort, de préférence sur le dessus du cep. Si on ne trouve pas d’amadou, on peut réaliser une nouvelle entaille à un autre endroit. Lorsqu’on l’a trouvé (parfois on sent à la tronçonneuse que le bois devient mou), il ne faut pas hésiter à ouvrir largement, cela permet de gagner du temps. On suit alors le filon d’amadou en allant de proche en proche, et en travaillant dans le sens des fibres du bois. Il n’est pas rare de devoir descendre jusqu’au niveau du point de greffe. On peut ensuite faire les bras.

5 - Supprimer la totalité de l’amadou

L’opération s’achève lorsque tout l’amadou du cep a été trouvé et retiré. Le taux de réexpression dépend directement de la qualité de ce travail de finition. Il est donc important de gratter suffisamment et de se déplacer autour du pied, pour être sûr de ne rien laisser. Il faut également veiller à ce qu’il n’y ait pas de creux où l’eau puisse stagner. Il n’est pas utile d’enlever le reste du bois sec ou mort, ni de protéger la plaie. Et la taille de l’année suivante doit se faire le plus « normalement » possible. Le seul entretien éventuel est de tuteurer les pieds qui en ont besoin, « mais c’est rarement le cas », rassure Marie Thibault.

Pour voir la démonstration de curetage en vidéo, cliquez ici !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,